<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Altermondes</title>
	<atom:link href="/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://enprofondeur.altermondes.org</link>
	<description>Nous lire, c&#039;est déjà agir</description>
	<lastBuildDate>Thu, 25 Feb 2016 10:21:41 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=4.0.11</generator>
	<item>
		<title>Gulu : une ville d’espoir pour les enfants perdus</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/gulu-une-ville-despoir-pour-les-enfants-perdus/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/gulu-une-ville-despoir-pour-les-enfants-perdus/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 Dec 2015 16:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Gaël Grilhot]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=768</guid>
		<description><![CDATA[Débarrassée du spectre de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA ), Gulu, la principale ville du nord de l’Ouganda, continue de panser ses plaies. De nombreux mineurs, enlevés par le groupe armé pour devenir esclaves sexuels ou enfants-soldats, réussissent à se réinsérer à travers des structures locales comme la Gulu Youth Development Association (Gyda) qui les aide, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Débarrassée du spectre de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA ), Gulu,<br />
la principale ville du nord de l’Ouganda, continue de panser ses plaies.<br />
De nombreux mineurs, enlevés par le groupe armé pour devenir esclaves sexuels ou enfants-soldats, réussissent à se réinsérer à travers des structures locales comme la Gulu Youth Development Association (Gyda) qui les aide, via l’apprentissage, à tourner cette page douloureuse.</p>

			<div id="aesop-map-component"  class="aesop-component aesop-map-component  " style="height:400px;">

				</div>
			<div id="chapter-unique-768-1"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Réintégration et apprentissage">
						<span>Réintégration et apprentissage</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Au Nord de l’Ouganda, Gulu se remet doucement d’un long cauchemar. De 1987 à 2006, la ville a vécu au rythme des exactions commises dans la région par les hommes de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), menés par Joseph Kony. Pillages, exécutions sommaires et enlèvements d’enfants étaient le lot quotidien des habitants, jusqu’à sa défaite militaire contre l’armée ougandaise et la signature d’un accord de cessez-le-feu en 2006. Aujourd’hui, la LRA n’est plus qu’un mauvais souvenir en Ouganda. Réduite à quelques centaines d’hommes, elle poursuit surtout ses activités en République démocratique du Congo (RDC) ou en République centrafricaine. Mais à Gulu, les stigmates de cette période sont encore bien présents. Avec l’aide de la communauté internationale, de nombreuses ONG locales continuent de réparer les dommages causés par les hommes de Kony, en particulier ceux subis par les anciens captifs, parfois enlevés très jeunes, et qui ont passé des années dans le bush, la brousse, au service de la LRA.</p>
		<div id="aesop-image-component-768-1"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-left" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/12/case-traditionnelle-environnement-GYDA-illus.jpg" title="">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/12/case-traditionnelle-environnement-GYDA-illus.jpg" alt="case-traditionnelle-environnement-GYDA-illus">
						</a>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<div id="attachment_828" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="/wp-content/uploads/2015/12/scolia.jpg"><img class="size-medium wp-image-828" src="/wp-content/uploads/2015/12/scolia-300x200.jpg" alt="Scolia" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Scolia</p></div>
<p>Scolia, fine, élancée et élégante, dans un boubou jaune et bleu, témoigne avec calme et retenue, mais non sans émotion. « <em>J’avais 17 ans quand je suis devenue captive. J’étais à la maison, dans la cuisine, et ils m’ont pris. Nous étions cinq mais ils n’ont pris que moi</em> », insiste-t-elle. Pendant dix ans, elle a suivi ces hommes dans le bush. <em>« Je travaillais dur, nuit et jour, sans avoir à manger,</em> poursuit-elle.<em> Il fallait marcher sans cesse, vous ne pouviez jamais rester au même endroit. Il n’y avait pas de bonne place pour dormir ou s’asseoir. »</em> Avant d’ajouter, fébrile : « <em>J’ai été donnée à un homme que je ne voulais pas</em> ». Durant un combat qui opposait le groupe dans lequel elle se trouvait à l’armée ougandaise, Scolia a réussi à s’enfuir et rejoindre Gulu. Après être passée devant un conseil d’orientation, elle s’est rendue à la Gulu Youth Development Association (Gyda), une des structures associatives les plus anciennes de la ville, qui, depuis 1992, propose à ces jeunes déstructurés des solutions de réintégration par l’apprentissage d’un métier.</p>
	    <div id="aesop-video-768-1"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-768-1 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/v8gqlqYypFE?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 			</div>

		
<p>On accède au centre de formation par une petite piste de latérite – cette terre couleur ocre-rouge si caractéristique – qui s’éloigne du centre de la ville. Ses murs massifs et ses portes imposantes tranchent au milieu des cases traditionnelles qui l’entourent et n’offrent d’autres protections que leurs murs en torchis et toits de paille. Au-delà de cette enceinte, un grand espace à ciel ouvert, autour duquel sont disposées des salles de classe et des ateliers où s’entassent du matériel de plomberie et des carcasses de motos. Scolia et d’autres ex-captifs de la LRA sont assis autour d’une lourde table en métal qui siège au milieu de la cour. Avec eux, se trouve Robert Kilama, le directeur de l’association, un homme massif à la figure bonhomme et à la fine barbe blanchissante. « <em>Dès la création de Gyda, l’équipe dirigeante s’est engagée avec force dans la réintégration des anciens captifs au sein de leur communauté, </em>explique-t-il.<em> <em>Aucun jeune n’a jusqu’à présent été rejeté en raison d’un tempérament violent</em> »</em> ou de troubles psychologiques liés à son passé. Derrière les formations techniques qu’il dispense, le centre est là pour venir à bout de cette souffrance accumulée durant parfois des années.</p>
			<div id="chapter-unique-768-2"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Les enfants soldats">
						<span>Les enfants soldats</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Derrière de grosses lunettes de style aviateur aux verres teintés, Benedict est un témoin attentif mais discret de la conversation. Cofondateur de l’association, il en est aussi le conseiller psychologue. Selon lui, le principal problème auquel doivent faire face les anciens captifs de la LRA se rapproche du « <em>symptôme de stress post-traumatique ».</em> Le centre doit donc le traiter, afin qu’ils puissent rentrer chez eux et reprendre une vie normale. Un « processus de guérison » qui passe par des activités techniques.<em><br />
</em></p>
<blockquote><p>« Nous avons commencé par la soudure et, après, sont venues d’autres formations, comme l’ingénierie, la mécanique, la couture,l’électricité ou encore la coiffure. Toutes ces activités sont vraiment bonnes pour l’esprit, pour des gens qui ont traversé toute cette souffrance à cause de la guerre. La clef de tout ça,c’est le temps. »</p></blockquote>
<div id="attachment_819" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="/wp-content/uploads/2015/12/innocent.jpg"><img class="size-medium wp-image-819" src="/wp-content/uploads/2015/12/innocent-300x200.jpg" alt="Innocent" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Innocent</p></div>
<p>Comme de nombreuses autres ONG, Gyda n’accueille pas que les ex-captifs de la LRA, elle est ouverte à tous les jeunes en difficulté et en besoin d’apprentissage. Une mixité nécessaire qui crée un sentiment de « normalité ». D’ailleurs, un des principes du centre est de ne pas évoquer cette expérience traumatisante, afin de ne pas faire de distinction entre les étudiants. Un principe étonnant, lorsque l’on connaît le pouvoir de la parole en matière de résilience, mais d’autant plus strictement respecté ici que la plupart des ex-captifs sont depuis devenus des<em> « born again ». </em>Influencés par les évangélistes américains, ils considèrent redémarrer une nouvelle vie après avoir rencontré Dieu, abandonnant leur passé derrière eux. Innocent nous remercie pourtant de lui poser des questions sur le sien. Assez lourd, il est vrai. Lui aussi a été captif de la LRA. Il a été enlevé très jeune, en 1987, alors qu’il était en septième année – équivalent de la sixième en France –, et est très rapidement devenu ce que l’on appelle communément un « enfant-soldat »<em>.</em> Il raconte d’ailleurs, tout naturellement, qu’il est monté dans la hiérarchie militaire du groupe armé.<em> « Ils m’ont donné le rang de commandant, affirme-t-il. La vie dans le bush n’était pas très facile, parce que vous bougiez tout le temps avec la peur au ventre. »</em> Des affrontements armés, Innocent en a vécus.<em> « De 1987 à 2004, poursuit-il, presque avec fierté, il y a eu beaucoup de combats contre les troupes ougandaises et j’ai participé à chacun d’entre eux. » </em>Mais lorsqu’on lui demande s’il a lui-même participé à des exactions à l’encontre des populations civiles, il devient plus nerveux. Il se contente alors d’affirmer que les troupes ougandaises se sont souvent livrées elles-mêmes à des atrocités, les faisant endosser par les rebelles.</p>
	    <div id="aesop-video-768-2"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-768-2 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/F9_nnAssi9k?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 			</div>

		
			<div id="chapter-unique-768-3"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Garantir l’immunité">
						<span>Garantir l’immunité</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		

		<div id="aesop-image-component-768-2"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/12/irina-rey-scolia-alfred-innocent.jpg" title="">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/12/irina-rey-scolia-alfred-innocent.jpg" alt="irina-rey-scolia-alfred-innocent">
						</a>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>Bourreau ? Victime ? Victime et bourreau ? À Gyda, cette différence n’a pas lieu d’être et il est d’ailleurs troublant de voir les captifs qui ont le plus souffert côtoyer ceux qui auraient pu être leurs tortionnaires. Innocent, comme tous les hommes de son rang au sein de la LRA, ne cache pas avoir eu « <em>de nombreuses femmes dans le bush</em> », précisant même que « <em>lorsque l’une d’entre elles tombait enceinte, vous deviez la renvoyer chez elle et en prendre une autre</em> ». Certaines de ces femmes sont pourtant assises là, à quelques mètres, sans que l’on devine la moindre colère dans leurs yeux. Dynamique jeune femme d’une trentaine d’années, portant fièrement des dreads, Irina a été enlevée sur le chemin de l’école. Elle a passé cinq ans aux côtés des rebelles. Elle raconte les viols dont elle a été victime. Comme Scolia, elle a été « donnée » à un commandant du même rang qu’Innocent. « <em>Nous devions nous occuper également des enfants captifs, leur donner à manger</em> », explique-t-elle. L’absence de nourriture compte d’ailleurs parmi ses souvenirs les plus difficiles. « <em>J’ai vu des enfants mourir, ainsi que des amis</em> ». Irina a eu deux enfants en captivité. Après que le père a été tué dans le bush, elle est « <em>rentrée seule avec (ses) garçons</em> ». Là encore, Gyda lui a permis de trouver une porte de sortie. Après avoir étudié le design et la peinture, elle a pu retrouver un travail. Elle élève désormais, seule, ses enfants à Gulu. Juridiquement Innocent n’a, quant à lui, rien à craindre de son passé. Il bénéficie d’une loi d’amnistie adoptée en 2000, qui incite les membres de la LRA à se rendre en leur garantissant l’impunité.</p>
<p>À Gulu, Mega FM, une radio qui a commencé à émettre en 2002 dans toute la région, a largement contribué à leur retour en diffusant des programmes qui les encourageaient à déposer les armes.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/WYPYHZXU0Is" width="480" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>« <em>Dans le bush, ils nous disaient que si nous rentrions, nous serions tués</em> », témoigne Rey, un des plus anciens du groupe, qui faisait office de docteur au sein de la LRA. « <em>Un jour, j’ai entendu une émission provenant de cette radio, qui affirmait que nous n’avions rien à craindre et je me suis échappé.</em> » De retour à Gulu, il a lui aussi été orienté vers Gyda. Très rapidement, il a voulu participer à l’effort de démobilisation des rebelles et il a animé plusieurs émissions sur Mega FM, pour apporter son témoignage et garantir l’immunité à ceux qui voulaient retourner vivre dans leurs communautés. Fruit d’une longue discussion entre les autorités de Gulu et les communautés, ce retour ne semble pas avoir posé de problème, y compris pour ceux qui, comme Innocent, avaient tenu un poste important au sein du groupe armé. « <em>Depuis que je suis sorti du bush, j’ai suivi ma formation à Gyda. Maintenant que je suis revenu au sein de ma communauté, personne ne me reproche d’avoir été un rebelle</em> », racontet- il. Avant de lâcher presque imperceptiblement, « <em>ou s’ils le font, ils le font silencieusement</em> ».</p>
		<div  class="aesop-component aesop-content-component   " style="" >

			
			<div id="aesop-content-component-768-1" class="aesop-content-comp-wrap aesop-content-comp-columns-2 " style="color:#ffffff;background-color:#333333;">

				
				<div class="aesop-component-content-data aesop-content-comp-inner " style="max-width:100%;margin-left:auto;margin-right:auto;">

					
						<p><strong>À La Haye, s’ouvre le procès de Dominic Ongwen</strong></p>
<p>Le 21 janvier 2016 doit s’ouvrir à la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) l’audience de confirmation des charges dans le dossier contre Dominic Ongwen, l’un des principaux chefs de la LRA . Une audience importante, car elle devra déterminer si les charges sont suffisamment étayées pour poursuivre le procès. Arrêté dans des conditions troubles en République centrafricaine en janvier 2015, Dominic Ongwen faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis dix ans pour des chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, parmi lesquels figurent la « réduction en esclavage », des « meurtres » ou encore des « traitements cruels à l’encontre des civils ». Ce procès a failli ne pas avoir lieu. Durant toute la période de la négociation avec les dirigeants de la rébellion, qui a abouti au cessez-le-feu de 2006, Yoweri Museveni, le président ougandais, n’a cessé de demander à la CPI d’arrêter les poursuites, devenant même l’un des chefs d’État africains les plus critiques vis-à-vis de la Cour. Devant l’étendue des crimes commis, la Cour de La Haye a cependant maintenu ses chefs d’inculpation à l’encontre des principaux chefs de la LRA . Depuis, les esprits se sont apaisés et la diplomatie a repris le dessus. La chambre préliminaire de la Cour a même proposé à l’Ouganda de tenir une première audience « de préférence à Gulu, car cet endroit est plus proche du lieu des crimes allégués ». Mais face aux risques de tensions politiques liées au calendrier électoral dans le pays, la présidente de la Cour décidait en septembre dernier, qu’elle aurait lieu à La Haye. Vincent Otti et Joseph Kony, les deux autres chefs de la rébellion poursuivis par la Cour sont toujours en fuite.</p>

					
				</div>

				
			</div>

			
				</div>
			
			<div id="chapter-unique-768-4"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="La rançon du succès">
						<span>La rançon du succès</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<div id="aesop-gallery-834-1"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/12/mains-lilianne-singer-flock-of-birds-illus-2.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/12/mains-lilianne-singer-flock-of-birds-illus.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/12/couturieres-flock-of-birds-3.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/12/couturiere-flock-of-birds.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/12/couturiere-flock-of-birds-2.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	</div>
<p>Aujourd’hui à Gyda, les locaux sont presque vides, la plupart des étudiants sont en vacances. Mais dans l’atelier de couture professionnel Flock of Birds (littéralement, nuée d’oiseaux), le bruit des machines à coudre semble ininterrompu. Créé en partie par le centre de formation, Flock of Birds vient en aide à des jeunes filles pour leur proposer une activité professionnelle. Autour d’une immense table recouverte de tissus en tous genres, les couturières s’affairent. Relativement prospère, l’atelier vend même une partie de sa production dans un magasin de Kampala, la capitale, ce qui lui permet de dégager des revenus. Là encore, certaines ont connu la captivité, d’autres ont été largement traumatisées par la guerre contre la LRA.</p>
<div id="attachment_821" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="/wp-content/uploads/2015/12/lilianne-flock-of-birds.jpg"><img class="wp-image-821 size-medium" src="/wp-content/uploads/2015/12/lilianne-flock-of-birds-300x200.jpg" alt="Liliane bénéficie de la formation de Flock of Birds" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Liliane bénéficie de la formation de Flock of Birds</p></div>
<p>Liliane, menue et timide, quitte sa machine, une belle Singer noire en métal d’un certain âge, mais en parfait état, sur laquelle elle confectionne un sac à main. Dans sa propre famille, témoigne-t-elle, quatre personnes sont portées disparues. Elle a vécu dans le bush pendant un certain temps. « <em>À cause des nuits passées dans le froid</em> », elle souffre maintenant d’asthme, raconte-t-elle, sans s’étendre plus. À son retour, elle a été formée à la couture au sein de Gyda, puis repérée par Flock of Birds. Elle est heureuse d’avoir trouvé cette place, qui lui permet de gagner suffisamment pour pouvoir se soigner et s’occuper de ses trois enfants. Un parcours d’intégration et de guérison qui mène à l’entrée dans une vie autonome : tel est probablement la plus grande réussite de Gyda. Mais cette même réussite doit inciter paradoxalement l’association à repenser sa stratégie. Avec la fin de la situation de post-conflit, les subventions deviennent en effet plus rares et le centre a dû se séparer d’une bonne partie de ses formateurs, passés de 54 au plus fort de la guerre, à 25 actuellement.</p>
<div id="attachment_827" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="/wp-content/uploads/2015/12/robert-directeur-GYDA.jpg"><img class="wp-image-827 size-medium" src="/wp-content/uploads/2015/12/robert-directeur-GYDA-300x200.jpg" alt="robert directeur GYDA" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Robert, directeur de GYDA</p></div>
<p>« <em>Nous avons besoin de définir une nouvelle approche, </em>admet Robert<em>, pour voir comment nous pouvons continuer à incorporer ceux qui veulent apprendre et aller de l’avant.</em> »</p>
<p>La rançon du succès pour nombre de ces structures qui ont contribué, à Gulu, à la réinsertion des ex-captifs au sein de la société. Écoles confessionnelles ou étatiques, ONG internationales ou locales, centres de formation et d’art-thérapie, radios communautaires, pendant une vingtaine d’années, l’activité principale de la ville s’est concentrée sur la réparation des dommages causés par la LRA. Mais cette histoire appartient au passé. Plus personne ne croit à l’hypothétique retour du groupe de Kony et la manne financière de la communauté internationale s’est peu à peu tarie. Les immenses terrains, derrière lesquels se trouvaient hier encore des lieux d’accueil pour déplacés ou excaptifs, sont pour beaucoup devenus des coquilles vides. Gulu, qui connaît un certain boom économique, ne devra bientôt plus compter que sur ses propres forces.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/gulu-une-ville-despoir-pour-les-enfants-perdus/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Thaïlande : pêche en eaux troubles</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/thailande-peche-en-eaux-troubles/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/thailande-peche-en-eaux-troubles/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Nov 2015 15:04:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Revelli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=736</guid>
		<description><![CDATA[Dénoncée depuis plusieurs années, la situation dramatique de milliers de migrants birmans et cambodgiens employés sur les bateaux de pêche industrielle thaïlandais, a motivé un récent avertissement de la Commission européenne au Royaume du Siam. Mais derrière l’esclave se cache la forêt des acteurs de la marchandisation à outrance des océans. Toh, 27 ans, est birman. En 2010, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dénoncée depuis plusieurs années, la situation dramatique de milliers de migrants birmans et cambodgiens employés sur les bateaux de pêche industrielle thaïlandais, a motivé un récent avertissement de la Commission européenne au Royaume du Siam. Mais derrière l’esclave se cache la forêt des acteurs de la marchandisation à outrance des océans.</p>
		<div id="aesop-image-component-736-3"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150884.jpg" title="Bateau de pêche à lanchois, à quai dans le port de Songkhla">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150884.jpg" alt="Bateau de pêche à lanchois, à quai dans le port de Songkhla">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Bateau de pêche à lanchois, à quai dans le port de Songkhla
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
			<div id="chapter-unique-736-5"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Esclaves">
						<span>Esclaves</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Toh, 27 ans, est birman. En 2010, il passe la frontière thaïlandaise et arrive à Ranong, point de passage obligé pour des milliers de migrants en situation irrégulière qui s&rsquo;y retrouvent souvent à la merci de trafiquants. L&rsquo;un d&rsquo;eux place Toth sur un chalutier. Il y passe quatre ans, avant d&rsquo;être revendu à un autre patron­-pêcheur de Nakon Si Thammarat. <em>« On travaillait sans arrêt, nuit et jour,</em> raconte­-t-­il<em>, sans jamais pouvoir dormir plus de deux heures de suite, sans aucun jour de repos&#8230; »</em>. Après cinq mois en mer, sans que le bateau ait touché terre une seule fois depuis son départ du port, Toh n&rsquo;a perçu que deux mois de salaire. Il se plaint au capitaine&#8230; qui sort un pistolet de sa ceinture et le met en joue. Paniqué, Toh saute à l’eau et se met à nager. Il a la chance d’être recueilli par un autre bateau qui le ramène à Songkhla et le remet à la police. Après l&rsquo;avoir rapidement enregistré, celle­-ci l’adresse au centre Stella Maris (Apostolat de la mer) qui, depuis plusieurs années, a accueilli des centaines de migrants, birmans ou cambodgiens en situation irrégulière, rescapés des bateaux de pêche où ils étaient maintenus en situation de travail forcé.</p>
		<div id="aesop-image-component-736-4"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151366.jpg" title="">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151366.jpg" alt="thai_151366">
						</a>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>La Thaïlande est le troisième exportateur mondial de produits de la mer et sa flotte de pêche industrielle compte quelque 50 000 unités. Mais, du fait des bas salaires et des conditions de travail pénibles et dangereuses qui y prévalent, les emplois dans la pêche sont boudés par les thaïlandais et ce secteur (comme l&rsquo;agriculture et la confection) souffre d&rsquo;un déficit chronique de main d’œuvre.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150750.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-744" src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150750-200x300.jpg" alt="Thaïlande 2015" width="200" height="300" /></a>Pour y pallier, les armateurs font appel à des immigrés, principalement birmans et cambodgiens. Selon l&rsquo;OIT, ils sont environ 300 000, aujourd&rsquo;hui, qui constituent les deux­-tiers des équipages des navires de pêche industrielle. Souvent en situation irrégulière, ces migrants sont des proies faciles pour les réseaux de trafiquants qui les revendent aux patrons de bateaux de pêche.</p>
<p class="rightGreyBG">Les témoignages de migrants qui sont parvenus à s’enfuir des bateaux thaïlandais, font fréquemment état de marins abattus en haute mer</p>
<p>Privés de tout droit, contraints de travailler plus de quinze heures par jour dans un milieu hostile (beaucoup ne savent pas nager), insultés, battus, ils se retrouvent embarqués pour des campagnes qui peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années, à la merci de capitaines qui n’hésitent pas à utiliser le revolver dont ils ne se séparent jamais. Depuis quelques années, la situation dramatique de ces migrants a fait l&rsquo;objet de plusieurs reportages et rapports bien documentés.</p>
			<div id="chapter-unique-736-6"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Le carton jaune de Bruxelles">
						<span>Le carton jaune de Bruxelles</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
		<div id="aesop-image-component-736-5"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150572.jpg" title="Suchart Chantharakana, directeur du centre Stella Maris de Songhkla (l'un des principaux port de pêche du pays) a accumulé une documentation détaillée sur l’identité des trafiquants, les bars, cantines et karaokés où ils recrutent, les patrons de chalutiers auxquels ils vendent leur bétail humain. « Ces informations sont connues des autorités, dit-­il, mais... »">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150572.jpg" alt="Suchart Chantharakana, directeur du centre Stella Maris de Songhkla (l&#039;un des principaux port de pêche du pays) a accumulé une documentation détaillée sur l’identité des trafiquants, les bars, cantines et karaokés où ils recrutent, les patrons de chalutiers auxquels ils vendent leur bétail humain. « Ces informations sont connues des autorités, dit-­il, mais... »">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Suchart Chantharakana, directeur du centre Stella Maris de Songhkla (l'un des principaux port de pêche du pays) a accumulé une documentation détaillée sur l’identité des trafiquants, les bars, cantines et karaokés où ils recrutent, les patrons de chalutiers auxquels ils vendent leur bétail humain. « Ces informations sont connues des autorités, dit-­il, mais... »
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>En mars 2015, le général Prayuth Chan­ochoa, chef de la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’état du 22 mai 2014, ordonne aux médias d&rsquo;éviter la question du trafic d’être humains, en particulier dans le secteur de la pêche, pour ne pas porter préjudice à l’économie du pays et annonce que le journaliste de Channel 3, auteur d’un reportage sur la question, allait être entendu par les autorités. Quelques jours pus tôt, il avait explicité sa conception du rôle des médias : <em>« certains disent que la presse doit être impartiale. Non, ce n’est pas mon avis. Les médias doivent soutenir l’action du gouvernement »</em>.</p>
		<div id="aesop-image-component-736-6"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150615.jpg" title="Billard de jour, tripot la nuit : c'est dans ce genre d'endroit que se négocie l'embauche des migrants par les bateaux de pêche">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150615.jpg" alt="Billard de jour, tripot la nuit : c&#039;est dans ce genre d&#039;endroit que se négocie l&#039;embauche des migrants par les bateaux de pêche">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Billard de jour, tripot la nuit : c'est dans ce genre d'endroit que se négocie l'embauche des migrants par les bateaux de pêche
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>Le 21 avril dernier, Bruxelles donne six mois à la Thaïlande pour <em>« prendre des mesures fortes contre la pêche illégale »</em> et <em>« mettre en place un plan d’action correctif »</em>, à défaut de quoi elle s’exposera à des sanctions commerciales pouvant aller jusqu’à interdire l’accès du marché européen aux produits de la mer thaïlandais. La fermeture des frontières européennes représenterait un manque à gagner de six à huit­-cents millions d’euros par an.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151201.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-749" src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151201-300x200.jpg" alt="Thaïlande 2015" width="300" height="200" /></a>Le général change de ton : une nouvelle loi sur la pêche est adoptée et un Centre de commandement pour combattre la pêche illégale créé. A partir du 1er juillet 2015, tous les navires devront être enregistrés et à jour de leur licence, ils seront tenus de fournir une liste de leur équipage, le nom du propriétaire du bateau et de communiquer leur plan de route avant de quitter le port – les unités de plus de 30 tonneaux navigant hors des eaux thaïlandaises devront, en outre, être équipées d’un système de géolocalisation électronique par satellite. Tolérance zéro ! tonne le général : les bateaux en infraction seront saisis, les armateurs et capitaines encourront la prison.</p>
<p>Mais, début juillet, les armateurs lancent une grève largement suivie, les prix des produits de la mer flambent sur le marché national, et le général infléchit à nouveau son discours en accordant un sursis pour l&rsquo;application des mesures&#8230; A l&rsquo;autre bout de la chaîne, fin octobre 2015, aucun des clients européens des pêcheries thaïlandaises n&rsquo;avait suspendu ou annulé ses commandes.</p>
			<div id="chapter-unique-736-7"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Épuisement des stocks">
						<span>Épuisement des stocks</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Les eaux du golfe de Thaïlande sont parmi les plus exploitées du monde et les captures par unité d’effort (CPUE) – indice utilisé pour estimer l’abondance des stocks – y sont passées de 300 kilos/heure en 1961 à 17,8 kilos/heure in 2010. Bien que le volume et la qualité des prises diminuent, les coûts augmentent pour les patrons-­pêcheurs  à cause des frais d&rsquo;entretient des navires, de modernisation des équipements et du prix du diesel. Pour faire face à la raréfaction des espèces à haute valeur marchande, la pêche industrielle se rabat sur tout ce qu’elle trouve et le pourcentage des prises secondaires augmentent.</p>
		<div id="aesop-image-component-736-7"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151022.jpg" title="Déchargement de prises secondaires sur le port de Sogkhla">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151022.jpg" alt="Déchargement de prises secondaires sur le port de Sogkhla">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Déchargement de prises secondaires sur le port de Sogkhla
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>L’intérêt croissant de la pêche industrielle pour les prises secondaires n’est pas sans conséquences. D&rsquo;une part, aux espèces adultes de taille réduite se mêle une quantité non négligeable de larves, alevins et juvéniles, dépourvu de valeur commerciale à ce stade de leur développement, mais qui n’en sont pas moins indispensables au renouvellement des stocks. De l&rsquo;autre, elle s&rsquo;attaque à nombres d’espèces délaissées par les consommateurs européens, états­uniens ou japonnais, traditionnellement ciblées par la pêche artisanale pour la place qu’elles tiennent dans l’alimentation des communautés locales.Les prises secondaires sont généralement constituées de petits poissons, à faible valeur commerciale, méprisés des consommateurs des pays importateurs. Elles constituent le matériau de base des usines de fabrication de farine de poisson.</p>
			<div id="chapter-unique-736-8"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Thaï Union Group : une étude de cas ">
						<span>Thaï Union Group : une étude de cas </span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
		<div id="aesop-image-component-736-8"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150917.jpg" title="Les femmes ne mettent pas le pied sur les bateaux, mais elles sont majoritaires dans les entreprises de transformation et de conditionnement des produits de la mer ">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150917.jpg" alt="Les femmes ne mettent pas le pied sur les bateaux, mais elles sont majoritaires dans les entreprises de transformation et de conditionnement des produits de la mer ">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Les femmes ne mettent pas le pied sur les bateaux, mais elles sont majoritaires dans les entreprises de transformation et de conditionnement des produits de la mer 
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>N°1 mondial du thon en conserve, le Thai Union Group est un mastodonte de la pêche, la transformation, le conditionnement et la distribution des produits de la mer.</p>
<p><span class="BoldBlack">Le réseau mondial de Thaï Union Group</span><br />
<img class="alwaysThinglink" style="max-width: 100%;" src="//cdn.thinglink.me/api/image/726080654906753026/1024/10/scaletowidth#tl-726080654906753026;1043138249'" alt="" /><script src="//cdn.thinglink.me/jse/embed.js" async="" charset="utf-8"></script>Sa flotte est composée de neuf gros chalutiers et des centaines, voire des milliers d’autres bateaux n’appartenant pas au groupe contribuent à approvisionner ses usines de transformation implantées : en Thaïlande, en Indonésie, au Vietnam, aux États­Unis, en France, en Écosse, au Portugal, en Pologne, aux Seychelles et au Ghana.<script id="infogram_0_le_chiffre_daffaires_2014_de_thai_union_group" title="Le chiffre d'affaires 2014 de Thaï Union Group " src="//e.infogr.am/js/embed.js?UfZ" type="text/javascript"></script></p>
<div style="width: 100%; padding: 8px 0; font-family: Arial; font-size: 13px; line-height: 15px; text-align: center;"><a style="color: #989898; text-decoration: none;" href="https://infogr.am/le_chiffre_daffaires_2014_de_thai_union_group" target="_blank">Le chiffre d&rsquo;affaires 2014 de Thaï Union Group </a><br />
<a style="color: #989898; text-decoration: none;" href="http://charts.infogr.am/pie-chart?utm_source=embed_bottom&amp;utm_medium=seo&amp;utm_campaign=pie_chart" target="_blank">Create pie charts</a></div>
<p>Le Thaï Union Group espère atteindre les 8 milliards de dollars de chiffre d’affaire d’ici la fin de la décennie et mène une politique d’acquisitions agressive : depuis 2014, Mer­Alliance (France, 4ème producteur européen de saumon fumé), King Oscar (Norvège), Bumble Bee Foods (EU, grosse pointure du poisson en conserve) et Orion Seafood (EU) sont  successivement tombés dans le giron du groupe – les termes du contrat concernant le rachat de Mer­Alliance sont gardés confidentiels et l’acquisition de Bumble Bee est, pour l’instant, au point mort, l’administration US ayant ouvert une enquête au titre de la loi anti­trust.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151205.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-750" src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151205-300x200.jpg" alt="Thaïlande 2015" width="300" height="200" /></a>Thaï Union Group est membre fondateur de l’International Seafood Sustainability Foundation (ISSF) – pour soigner son image de marque, on n’est jamais si bien servi que par soi­même –, qui affirme réunir des scientifiques soucieux de promouvoir une exploitation durable des ressources halieutiques. Sur la liste des généreux donateurs à ISSF figure la Walton Family Foundation (Wallmart).</p>
<p>Ses relations n’ont pourtant pas évité au Thaï Union Group d’être épinglé, en juillet dernier, <a href="http://www.nytimes.com/2015/09/14/world/consumers-and-lawmakers-take-steps-to-end-forced-labor-in-fishing.html?_r=0" target="_blank">dans un article du <em>New York Times</em></a> rapportant le témoignage d’un migrant cambodgien, évadé d’un bateau où il était contraint de travailler contre son gré et qui vendait son poisson à l’usine de transformation du Thaï Union Group de Songkhla.</p>
<p>Et, il y a quelques jours, Greenpeace a pris en défaut John West Foods, filiale anglaise du groupe, sur la traçabilité de ses produits, pourtant annoncée sur le site web de l’entreprise.</p>
			<div id="chapter-unique-736-9"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Blanchir du poisson ou de l&#039;argent sale">
						<span>Blanchir du poisson ou de l&#039;argent sale</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
		<div id="aesop-image-component-736-9"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151057.jpg" title="Pas d'engins de pêche sur un bateau-­mère, mais des montagnes de bidons vides qui seront bientôt remplis du produit de la pêche de dizaines de bateaux, fantômes ou régulièrement enregistré, allez faire la différence.">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_151057.jpg" alt="Pas d&#039;engins de pêche sur un bateau-­mère, mais des montagnes de bidons vides qui seront bientôt remplis du produit de la pêche de dizaines de bateaux, fantômes ou régulièrement enregistré, allez faire la différence.">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Pas d'engins de pêche sur un bateau-­mère, mais des montagnes de bidons vides qui seront bientôt remplis du produit de la pêche de dizaines de bateaux, fantômes ou régulièrement enregistré, allez faire la différence.
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>Pour blanchir du poisson ou de l’argent sale, le principe est le même : l’un comme l’autre doivent être rendus in­traçables. Pour cela, la provenance de l’argent se dissimule derrière des sociétés écran (généralement basées dans des paradis fiscaux), celle du poisson est brouillée par son transit sur un bateau-­mère.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150742.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-743" src="/wp-content/uploads/2015/11/thai_150742-300x200.jpg" alt="Thaïlande 2015" width="300" height="200" /></a>Le bateau­-mère est un navire dans lequel des chalutiers et autres bateaux de pêche industrielle transbordent leurs prises en pleine mer et qui assure le transfert du poisson jusqu’au quai de débarquement. L’avantage du système est double. D&rsquo;une part, il permet de rentabiliser au maximum les unités d’une flotte de pêche, qui ne sont plus contraintes de rentrer au port une fois leurs cales pleines et peuvent ainsi rester presque indéfiniment en mer. De l&rsquo;autre, une fois les prises d’un bateau transbordées dans le bateau-­mère et mélangées à celles des autres bateaux de la flotte, il devient très difficile de déterminer quel poisson a été pêché par qui, où et dans quelles conditions : le poisson est blanchi. Et comme deux précautions valent mieux qu’une, à son arrivée à quai, des commerçants intermédiaires achètent l&rsquo;arrivage de différents bateaux qu’ils revendent ensuite aux distributeurs patentés et aux usines de transformation, ajoutant encore à l’opacité qui entoure l’origine de la marchandise. La marque et le grand distributeur peuvent désormais affirmer, en toute bonne foi – ou presque –, que les produits qu&rsquo;ils commercialisent sont irréprochables d’un point de vue éthique et environnemental.</p>
<p>Pour que le système fonctionne, il faut bien sûr qu’une partie visible de la flotte puisse faire état de pratiques respectueuses du droit de la pêche, des droits humains et de l’environnement – et si la marque et/ou le distributeur versent leur obole à une fondation de défense des océans, c’est encore mieux – mais après, qu’un pourcentage plus ou moins conséquent du poisson débarqué par le bateau­-mère ait été pêché par des bateaux fantômes, imposant à leur équipage des conditions de travail inhumaines, et utilisant des techniques dévastatrices&#8230; il sera facile de ne pas savoir mais autrement ardu de prouver.</p>
			<div id="chapter-unique-736-10"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="L&#039;esclave qui cache la forêt">
						<span>L&#039;esclave qui cache la forêt</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
	    <div id="aesop-video-736-3"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-736-3 aesop-component-align-center vimeo" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//player.vimeo.com/video/75146408" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 			</div>

		
<p>Derrière l’esclave se cache la forêt des mesures concourant, plus ou moins ouvertement, à la privatisation des océans, à leur rentabilisation à outrance dans une logique marchande. Le travail forcé – <a href="https://altermondes.org/marins-migrants-esclaves-de-locean/" target="_blank">dont la Thaïlande n’a pas l’apanage</a> – en est une conséquence, pas un vice inhérent aux patrons de chalutiers thaïlandais.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/thailande-peche-en-eaux-troubles/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Détroit : assoiffée de justice</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/detroit-assoiffee-de-justice/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/detroit-assoiffee-de-justice/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2015 09:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Florence Al Talabani]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[mobilisations citoyennes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=675</guid>
		<description><![CDATA[Améliorer l’accès à l’eau potable fait partie des réussites des Objectifs du Millénaire pour le développement, mais pour 748 millions de personnes dans le monde, l’accès à ce service essentiel demeure un véritable défi. Aller chercher de l&#8217;eau tous les jours, dépendre de l&#8217;aide d&#8217;associations pour avoir de l&#8217;eau potable…Une situation qu&#8217;on imagine aisément dans des camps de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Améliorer l’accès à l’eau potable fait partie des réussites des <a href="http://www.un.org/fr/millenniumgoals/" target="_blank">Objectifs du Millénaire pour le développement</a>, mais pour 748 millions de personnes dans le monde, l’accès à ce service essentiel demeure un véritable défi. Aller chercher de l&rsquo;eau tous les jours, dépendre de l&rsquo;aide d&rsquo;associations pour avoir de l&rsquo;eau potable…Une situation qu&rsquo;on imagine aisément dans des camps de réfugiés ou des régions particulièrement pauvres du globe. C&rsquo;est pourtant aussi le quotidien de quelques milliers d’habitants de Détroit, aux États-Unis, la première puissance mondiale.</p>
<p><em>« C&rsquo;est comme vivre en enfer, dans la merde, si vous me passez l&rsquo;expression. Je ne peux pas faire la vaisselle, ni laver le sol. Ma maison est sale. Je ne peux pas changer mes petits-enfants correctement. Je ne peux pas me doucher. C&rsquo;est la honte. Une à deux fois par jour, on va chercher de l&rsquo;eau chez ma belle-mère, à deux pâtés de maisons d&rsquo;ici. Des énormes bidons de 40 litres. Personne ne devrait avoir à vivre ça&#8230;. »</em> Cristel vit sans eau courante depuis deux mois. À Detroit, dans le Michigan, la dix-huitième ville des États-Unis par la population. Ses filles, l&rsquo;une au lycée, l&rsquo;autre à l&rsquo;université, habitent avec elle, ainsi que les deux jeunes enfants de son aînée.</p>
<blockquote><p>« Quand ils sont venus couper l&rsquo;eau, ils n&rsquo;ont même pas toqué à la porte. Rien. On n&rsquo;a pas été averti. Je dois 459 dollars d&rsquo;eau, mais la facture pour les eaux usées s’élève à 1100 dollars. J&rsquo;ai contacté la mairie, ils ont dit que je devais verser 200 dollars. J&rsquo;y suis allée, j&rsquo;ai payé, et là ils m&rsquo;ont réclamé 500 dollars. Je n&rsquo;ai pas de revenus. Comment est-ce que je peux sortir une telle somme comme ça ? »</p></blockquote>
		<div id="aesop-image-component-675-10"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/09/GreatLakes.png" title="">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/09/GreatLakes.png" alt="GreatLakes">
						</a>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		

			<div id="chapter-unique-675-11"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Un tiers de la ville sans eau">
						<span>Un tiers de la ville sans eau</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Cristel n&rsquo;est pas un cas isolé à Détroit. L’un des principaux quotidiens locaux a révélé en juillet dernier que, d&rsquo;après un rapport interne de la mairie, 73 000 foyers étaient en retard d&rsquo;au moins deux mois sur leurs factures d&rsquo;eau et d&rsquo;évacuation des eaux usées. Soit 30 % de la ville. Autant de foyers qui, s’ils ne règlent pas leurs arriérés, sont susceptibles de se voir couper l&rsquo;eau. De son côté, le Département des eaux et des égouts de Détroit (Detroit Water and Sewerage Department, DWSD) est incapable de fournir des chiffres précis sur le nombre de personnes concernées :</p>
<p><em>« Nous ne tenons pas de registre [concernant les coupures d&rsquo;eau] distinguant les habitations occupées des bâtiments vides »</em>, concède-t-il. La Ville ne sait donc pas à combien de familles avec enfants, combien de personnes âgées, handicapées ou malades elle a coupé l&rsquo;eau&#8230;</p>
<p>Une approche purement comptable, totalement oublieuse de la population, que dénonce avec indignation la société civile. <em>« Plus de 30000 foyers ont eu l&rsquo;eau coupée l&rsquo;année dernière »</em>, estime, révoltée, Tawana Petty, militante, membre de People&rsquo;s Water Board, une coalition d&rsquo;une trentaine d&rsquo;organisations qui travaillent ensemble sur ce scandale. <em>« Pas 30000 personnes, 30000 foyers, insiste-t-elle. Donc vous multipliez de deux à quatre fois et vous avez une idée du nombre de personnes affectées ! Et ça continue cette année&#8230; »</em></p>
			<div id="chapter-unique-675-12"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Un système exsangue">
						<span>Un système exsangue</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Comment une grande ville du pays le plus riche du monde en est-elle arrivée là ? Détroit connaît depuis des années des problèmes financiers et structurels : cette ville immense, grande comme trois fois Paris, a vu sa population décliner depuis les années 1950. L&rsquo;exode de la population riche &#8211; majoritairement blanche &#8211; vers les banlieues, la délocalisation des usines loin de la ville, couplées à des politiques court-termistes, sur fond de racisme et d&rsquo;incompétence institutionnalisés, ont laissé Détroit exsangue. Le 18 juillet 2013, elle devient la première grande ville nord- américaine à demander sa mise en faillite. Elle n&rsquo;a plus les moyens d&rsquo;entretenir ses gigantesques infrastructures. Les réseaux d&rsquo;eau et d&rsquo;évacuation, rafistolés à coups de réparations précaires, fuient régulièrement, sans qu&rsquo;aucun état des lieux sérieux ne soit fait. Le DWSD a également fait de mauvais choix financiers et, « victime » de la crise, dépense près de la moitié de son budget à rembourser ses dettes.</p>
<p>Au printemps 2014, alors que la Ville est sous la tutelle d&rsquo;un Emergency Manager, le Département des eaux et des égouts décide de couper l&rsquo;eau aux familles en retard sur leurs factures, à raison de 3 500 maisons par semaine. À l’évidence, la priorité de l’Emergency Manager est de redresser les finances de la Ville, quel qu&rsquo;en soit le prix à payer par les habitants.</p>

	    <div id="aesop-video-675-4"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-675-4 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/_xzQ2UcQ29Y?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-center" style=max-width:100%;>Fin 2013, un habitant de Détroit a filmé d’impressionnantes fuites d'eau dans un lycée à l'abandon depuis près de deux ans. Triste illustration de l'état du réseau et du manque de volonté politique de la ville pour chercher des solutions épargnant les habitants.</div>		</div>

		

			<div id="chapter-unique-675-13"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="La solidarité s’organise">
						<span>La solidarité s’organise</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>C&rsquo;est alors que la mobilisation citoyenne se met réellement en marche. Première urgence : fournir de l&rsquo;eau à celles et ceux qui n&rsquo;en ont plus. Des « points d&rsquo;eau », où les habitants peuvent venir s&rsquo;approvisionner, voient le jour dans des églises et des centres de quartier. La solidarité entre voisins joue à plein. « Je peux vous donner l’exemple d’une femme de 78 ans, ayant un petit revenu, dans un de ces quartiers où il ne reste plus que quelques familles dans chaque rue. Dans la sienne, il ne restait que six maisons habitées. Cinq se sont retrouvées sans eau. Elle a fourni de l&rsquo;eau à ses voisins pendant des mois, laissant sa porte de derrière ouverte pour qu&rsquo;ils puissent venir se doucher, raconte Monica Lewis-Patrick, l’une des fondatrices de We The People of Detroit, une association qui cherche à redonner le pouvoir aux citoyens dans la gestion de la ville. Nous avons une bénévole qui a lavé les vêtements d&rsquo;une famille pendant un an. Parce que c&rsquo;est ça aussi ne plus avoir d&rsquo;eau. Imaginez les conséquences pour cette famille si les enfants avaient dû aller à l&rsquo;école et les parents travailler dans des habits sales ! » Désormais, des associations organisent des distributions et livrent des bidons d&rsquo;eau aux familles qui en ont besoin.</p>
	    <div id="aesop-video-675-5"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-675-5 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/23y45Eaa7UM?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-center" style=max-width:100%;>En juillet de l'année dernière, dans une action action de désobéissance civile, une poignée de militant-e-s ont bloqué l'accès à un des sites d'Homrich, la compagnie chargée de couper l'eau des habitants. 9 d'entre eux sont poursuivis pour troubles de l'ordre public mais attendent toujours de passer devant un juge. Vidéo réalisée par la Detroit Water Brigade.</div>		</div>

		

			<div id="chapter-unique-675-14"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Au-delà des chiffres">
						<span>Au-delà des chiffres</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p><em>« En faisant du porte-à-porte et des livraisons, on met un visage humain sur ce drame »</em>, explique Tom, venu s&rsquo;installer à Détroit en août 2014, avec sa femme Lindsay. Dès leur arrivée, ils sont devenus bénévoles de We The People of Detroit.</p>
<blockquote><p>« J&rsquo;ai rencontré une femme qui habitait dans le centre avec sa fille et sa petite-fille, jusqu&rsquo;à ce que son immeuble soit racheté par un investisseur. Elles ont alors dû déménager. Après avoir signé leur nouveau bail, elles se sont rendu compte qu&rsquo;elles n&rsquo;avaient pas l&rsquo;eau. Le propriétaire doit en effet plus de 2000 dollars de factures d&rsquo;eau. Comme elles sont locataires, elles se retrouvent coincées, raconte-t-il à son tour. Quand je suis venu leur livrer de l&rsquo;eau pour la première fois, ça faisait deux mois que ça durait. Mais bien souvent, c&rsquo;est tout simplement une histoire de fins de mois difficiles et de factures en retard qui s&rsquo;accumulent. »</p></blockquote>
<p>Il faut dire que le prix de l&rsquo;eau à Détroit ne cesse d’augmenter : +8,7 % en juin 2014 et +7,5 % en juillet 2015. <em>« Près de 120% sur les 10 dernières années ! »</em>, s’emporte Monica Lewis-Patrick. Pire, si l’on peut dire, le Département des eaux et des égouts de Détroit a « oublié » pendant trois ans de facturer ses usagers pour la gestion des eaux usées. Quand il s’en est rendu compte, plusieurs centaines de dollars sont soudainement apparues sur les factures, sans délai supplémentaire pour permettre de régler la note.</p>
<p>We The People of Detroit, à l’instar d’autres associations, apporte son soutien aux habitants pour qu’ils réussissent à naviguer dans les méandres administratifs et à s’y retrouver dans les procédures et programmes d&rsquo;aide du service des eaux, de la Ville et de l&rsquo;État. <em>« Mais c&rsquo;est extrêmement frustrant. Nous obtenons généralement des réponses évasives, incomplètes ou contradictoires. Souvent, après nos appels, les habitants ne sont pas rappelés, ils n&rsquo;ont aucune nouvelle,</em> déplore Lindsay. <em>D&rsquo;autres fois, on tombe sur un message automatique qui dit : &laquo;&nbsp;Nous n&rsquo;offrons plus d&rsquo;assistance en ce moment&nbsp;&raquo; et rien de plus&#8230; »</em></p>
	    <div id="aesop-video-675-6"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-675-6 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/x9WQEQSt_7I?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-center" style=max-width:100%;>Vidéo réalisée par l'American Civil Liberties Union du Michigan pour démonter le discours officiel qui prétend que les programmes d'aide mis en place permettent de faire face à la crise de l'eau à Detroit</div>		</div>

		

		<div  class="aesop-component aesop-content-component   " style="" >

			
			<div id="aesop-content-component-675-2" class="aesop-content-comp-wrap aesop-content-comp-columns-2 " style="color:#ffffff;background-color:#333333;">

				
				<div class="aesop-component-content-data aesop-content-comp-inner " style="max-width:100%;margin-left:auto;margin-right:auto;">

					
						<p><strong>Qu’est-ce qu’un plan d’abordabilité ?</strong><br />
Ce que la société civile réclame à Détroit, c’est de l’eau à des prix accessibles pour tous. Autrement dit, l’instauration d’un système qui prenne en compte les revenus des foyers et pas uniquement leur consommation, pour établir des factures d’eau qui ne dépassent pas un certain pourcentage des revenus. L’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) préconise le seuil de 2,5%. À Détroit, la facture d’eau s’élève en moyenne à plus de 80 dollars par mois. Il faudrait donc un revenu de 3200 dollars pour respecter ce pourcentage. Or, 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté… En 2006, le Conseil municipal avait voté une résolution pour que le Département des eaux et des égouts mette en place d’un plan d’abordabilité. Dans les faits, c’est un programme d’assistance qui a vu le jour. Autrement dit, des aides à court terme, financées par des subventions. L’économiste Roger Colton, qui <a href="/wp-content/uploads/2015/09/2005WaterAffordabilityProgram_Colton_DWSD_01062005.pdf" target="_blank">avait contribué à rédiger la résolution de 2006</a>, souligne qu’un plan d’abordabilité permet non seulement d’assurer durablement l’accès à l’eau pour les familles à faible revenu mais qu’il présente également une approche financière plus saine. <em>« Si vous voulez vendre un service aux gens, vous avez tout intérêt à ce qu’ils aient les moyens d’acheter ce que vous vendez. »</em> Et d’ajouter que couper l’eau à des gens qui ne peuvent pas payer ne permettra pas à la Ville de récupérer de l’argent.<em> « À l’inverse, avec des prix abordables, le DWSD collecterait au final plus d’argent. »</em><br />
Dans ce combat loin d’être spécifique à Détroit, une lueur d’espoir est venue de Philadelphie en juin. Le Conseil municipal a adopté à l’unanimité la mise en place d’un plan d’abordabilité pour 2016. Affaire à suivre !</p>

					
				</div>

				
			</div>

			
				</div>
			
			<div id="chapter-unique-675-15"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Un véritable droit humain">
						<span>Un véritable droit humain</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>La mobilisation investit aussi les espaces publics. Les manifestations se succèdent devant les bureaux du DWSD, devant la mairie, dans les rues du centre-ville. Les militants s&rsquo;invitent aux conseils municipaux et réunions publiques pour protester.</p>
<p>En juin 2014, une coalition d&rsquo;associations interpelle Catarina de Albuquerque, la rapporteure spéciale de l’Onu sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement. Sa réponse est sans appel : <em>« Couper l&rsquo;accès à l&rsquo;eau en raison d&rsquo;un défaut de paiement dû à un manque de moyens constitue une violation du droit à l&rsquo;eau et d&rsquo;autres droits humains »</em>. Elle enfonce le clou et précise : <em>« Autrement dit, quand il s&rsquo;agit d&rsquo;une réelle impossibilité pour les gens de payer leurs factures, le respect des droits humains interdit de couper l&rsquo;eau. »</em></p>
<p>Relayées par la presse locale, nationale et même internationale, la situation tout comme sa gestion brutale par Détroit, où plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, a suscité l&rsquo;indignation à travers le pays. Fin juillet 2014, Kevyn Orr, l’Emergency Manager en charge des finances de la ville pendant la procédure de faillite &#8211; et donc, en pratique, au pouvoir sans avoir été élu -, passe la patate chaude au nouveau maire, Mike Duggan. En fonction depuis neuf mois, l’élu, pour qui la gestion de cette crise « a nui à la réputation de la ville », transforme la « pause » de quinze jours, qui était déjà instaurée sur les coupures d’eau, en un « moratoire » de six semaines. Il annonce un plan en dix points et organise des « foires de l&rsquo;eau », où les habitants concernés peuvent venir rencontrer des agents municipaux et tenter de résoudre leur cas. Mais face à l&rsquo;ampleur du problème, les quelques mesures proposées se révèlent bien insuffisantes et surtout ne s&rsquo;attaquent pas à la source du problème.</p>
<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-675-1').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-675-1" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-675-1"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">Le dossier déposé par des associations de Détroit et du Canada auprès de la rapporteure spéciale de l’Onu sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement (en anglais)</div></a><div id="aesop-doc-collapse-675-1" style="display:none;" class="aesop-content"><object class="aesop-pdf" data="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/09/2005WaterAffordabilityProgram_Colton_DWSD_01062005.pdf" type="application/pdf" ></object></div></aside>
<p>La <a href="http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=49127#.VfHT9Pmqqko" target="_blank">réponse</a> des expertes des Nations unies (en anglais)</p>
<p>Des programmes d&rsquo;aide à sec <em>« Tout ce que nous demandons, c&rsquo;est que le prix de l&rsquo;eau soit abordable »</em>, affirme Curt Guyette, journaliste d&rsquo;investigation pour l&rsquo;American Civil Liberties Union.</p>
<p>Paradoxalement, la mairie refuse d&rsquo;entendre parler d&rsquo;un « plan d&rsquo;abordabilité de l&rsquo;eau », qui rendrait l’eau économiquement accessible, alors que les programmes d&rsquo;aide mis en place sont notoirement insuffisants. <em>« On nous dit qu&rsquo;il va y avoir 4,5 millions de dollars par an dans le fonds d&rsquo;aide. Mais c&rsquo;est pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;agglomération, soit près de 4 millions de personnes, dont environ 685 000 vivent sous le seuil de pauvreté. Les autorités reconnaissent elles-mêmes que ces fonds sont insuffisants et ne sont pas basés sur une estimation factuelle des besoins. Comment, dans ce cas, peuvent-elles prétendre qu&rsquo;elles apportent une réponse au problème ? »</em>, dénonce Curt Guyette.</p>
			<div id="aesop-quote-component-675-1"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-left  aesop-quote-type-pull  quote-is-parallax quote-left-right " style="color:#ffffff;height:auto;width:100%;">

				
				<blockquote class="aesop-component-align-left" style="font-size:1em;">
					<span>Flint est une ville sinistrée depuis la fermeture brutale des usines de General Motors. Michael Moore, qui en est originaire, l’a rendu célèbre à travers sont documentaire Roger et moi (1989).</span>

									</blockquote>

				
			</div>
		

<p>En mai dernier, le Département des eaux et des égouts de Détroit a annoncé la reprise des coupures d&rsquo;eau, qui avaient été arrêtées pendant l&rsquo;hiver à cause du gel. Les associations ont immédiatement remis en place des mesures d&rsquo;urgence pour fournir de l&rsquo;eau aux familles visées et les accompagner dans leurs démarches face à l&rsquo;administration. Début juillet, pour maintenir la pression sur les autorités et attirer l&rsquo;attention des médias, un ensemble d&rsquo;associations a organisé une marche de Détroit à Flint, autre ville sinistrée du Michigan, à 110 kilomètres au nord de Détroit.</p>
<p><em>« C&rsquo;est important pour notre combat de raconter au monde ce qui se passe vraiment, de contrer le discours officiel qui présente ces gens comme des mauvais citoyens, qui ne veulent pas payer leurs factures d&rsquo;eau et essaient de profiter du système. Nous avons tous besoin d&rsquo;eau pour vivre, c&rsquo;est essentiel de le rappeler et de remettre l&rsquo;humain au cœur du débat »</em>, rappelle Monica Lewis-Patrick.</p>
<div id="aesop-gallery-694-2"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-thumbnail-gallery-wrap   "><div id="aesop-thumb-gallery-694" class="fotorama" 	data-transition="crossfade"
																			data-width="100%"
																			data-autoplay=&quot;5000&quot;																			data-keyboard="true"
																			data-nav=false																			data-allow-full-screen="native"
																			data-click="true"><img src="/wp-content/uploads/2015/09/18.Detroit-2-Flint-Alice-Jennings-and-Protesters.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/17.Detroit-2-Flint-Flint-Kid-99-problems.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/15.Detroit-2-Flint-Flint-March-2-Lindsay.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/14.Detroit-2-Flint-Flint-March-1.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/13.Detroit-2-Flint-Ferndale-Light-Brigade.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/12.Detroit-2-Flint-Ferndale-Light-Brigade-Love-Water.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/11.Detroit-2-Flint-March-5.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/10.Detroit-2-Flint-March-4.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/9.Detroit-2-Flint-March-2.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/8.Detroit-2-Flint-March-1-Photo-Shanna-Merola.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/7.Detroit-2-Flint-Kick-Off-3.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/4.Detroit-2-Flint-Kick-Off-4.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/3.Detroit-2-Flint-Kick-Off-2-Photo-Shanna-Merola.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/2.Detroit-2-Flint-Kick-Off-1.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2015/09/1.Detroit-2-Flint.jpg" data-caption="" alt=""></div></div>

			<div id="chapter-unique-675-16"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="La couleur de l&#039;eau">
						<span>La couleur de l&#039;eau</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>D&rsquo;autant plus essentiel que les coupures d&rsquo;eau visent dans leur immense majorité une population noire et pauvre, dans une ville marquée par des décennies de tensions raciales. Les experts des Nations unies se sont d’ailleurs dits alarmés par les <em>« impacts disproportionnés [des coupures d’eau] sur les plus vulnérables et la population afro-américaine à faible revenu »</em>. À Détroit, 99 % des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté sont afro-américaines. Pour les organisations mobilisées localement, le problème de l&rsquo;accès à l&rsquo;eau s&rsquo;inscrit dans un contexte plus global de « renouvellement urbain », qui charrie son lot de déplacements de population.<em> « C&rsquo;est simple : quand vous n&rsquo;avez plus l&rsquo;eau chez vous, vous partez. L&rsquo;électricité ou le chauffage, vous pouvez essayer de faire sans, avec des bougies, un réchaud, un poêle, mais l&rsquo;eau&#8230; Vous n&rsquo;avez d&rsquo;autre choix que de partir »</em>, résume Monica Lewis-Patrick.<em> « Regardons la réalité en face ! Ils veulent pousser dehors une partie de la population noire. »</em>. Le verdict d’Alice Jennings est sans concession. De son cabinet situé au centre-ville, le cœur du processus de gentrification à Détroit, l’avocate activiste s&rsquo;est plongée dans la lutte pour l&rsquo;eau il y a plus d&rsquo;un an et demi. Ironie de la géographie urbaine, les bureaux d&rsquo;Homrich, la société chargée par le DWSD de couper l&rsquo;eau aux habitants, sont au même étage que son cabinet.<em> « Tous les jours, quand je passe devant leur porte, mon sang bouillonne. Ça ne fait que renforcer ma détermination. »</em></p>
			<div id="chapter-unique-675-17"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Au plus haut niveau du gouvernement">
						<span>Au plus haut niveau du gouvernement</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Pour Alice Jennings, tout commence en 2014 par une action collective représentant une dizaine de personnes ayant eu leur eau coupée. Face à l&rsquo;ampleur de la crise et à un système judiciaire trop lent, trop perméable aux influences politiques, elle décide d&rsquo;orienter le combat vers le législatif, à un niveau national.<em> « Nous nous battons pour que chaque État ait l&rsquo;obligation d&rsquo;adopter une législation sur l&rsquo;accès à l&rsquo;eau. Cela n&rsquo;existe pas aux États-Unis. Nous sommes des pionniers ! Au début, pour moi, c&rsquo;était une affaire pro bono comme une autre. Depuis c&rsquo;est devenu un véritable mouvement. »</em> En parallèle des affaires défendues devant les cours locales &#8211; dont une pour défendre des militants ayant mené des actions de désobéissance civile &#8211; c&rsquo;est donc à Washington qu&rsquo;Alice et ses confrères plaident la cause d&rsquo;une eau accessible à toutes et tous.<em> « Que dans une société comme la nôtre, où il y a tant de richesses, il puisse y avoir des enfants qui n&rsquo;ont pas accès à l&rsquo;eau potable signe un manquement et un échec au plus haut niveau du gouvernement, assène l’avocate, avant de s’interroger. J’exerce depuis 37 ans. Je devrais peut-être penser à prendre ma retraite, profiter de mes petits-enfants, me poser un peu&#8230; »</em> Le questionnement ne fait pas long feu : <em>« Ce sera pour plus tard. Je n&rsquo;aurais de cesse de me battre tant qu&rsquo;il restera ne serait-ce qu&rsquo;une personne qui ne peut pas se lever le matin et boire un verre d&rsquo;eau et avoir la dignité de pouvoir se laver. »</em></p>
	    <div id="aesop-video-675-7"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-675-7 aesop-component-align-center vimeo" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//player.vimeo.com/video/114773820" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-center" style=max-width:100%;>Les activistes de l'eau à Détroit luttent avec passion et imagination : filmés ici par la documentariste Kate Levy, ils chantent des chants de Noël, aux paroles remaniées pour faire entendre leur combat. 'C'est un massacre économique, l'eau est un droit humain pour tous'</div>		</div>

		
<p>Florence Al Talabani &#8211; Journaliste</p>
<div id="attachment_733" style="width: 926px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://soundcloud.com/altermondes/chronique-radio-nova-detroit-assoiffee-de-justice"><img class="wp-image-733 size-full" src="/wp-content/uploads/2015/09/nova.png" alt="nova" width="916" height="128" /></a><p class="wp-caption-text">Ce reportage multimédias a inspirée la chronique hebdo de David Eloy sur Radio Nova, diffusée le 6 octobre 2015</p></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/detroit-assoiffee-de-justice/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Burkina Faso : la danse du Balai</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/burkina-faso-la-danse-du-balai/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/burkina-faso-la-danse-du-balai/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2015 07:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Servane Philippe]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[mobilisations citoyennes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=555</guid>
		<description><![CDATA[Le 31 octobre 2014, Blaise Compaoré, président depuis vingt-sept ans, était forcé au départ par des manifestations populaires. Depuis, le Burkina Faso connaît une transition démocratique. Initié par deux musiciens, le Balai citoyen veut faire de chaque Burkinabè une sentinelle des faits et gestes des politiciens. Reportage auprès d’une jeunesse en pleine effervescence citoyenne. En ce  début de samedi [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Le 31 octobre 2014, Blaise Compaoré, président depuis vingt-sept ans, était forcé au départ par des manifestations populaires. Depuis, le Burkina Faso connaît une transition démocratique. Initié par deux musiciens, le Balai citoyen veut faire de chaque Burkinabè une sentinelle des faits et gestes des politiciens. Reportage auprès d’une jeunesse en pleine effervescence citoyenne.</p>
<p>En ce  début de samedi après-midi, il fait plus de 40 °C dans le quartier de Kossodo, au nord-est de Ouagadougou. Les endroits ombragés se font désirer. Dans une pétarade de scooters, les membres du Balai citoyen, un mouvement de la société civile burkinabè, se retrouvent sous un arbre. La mission du jour : « <em>installer</em> » un club Cibal, contraction de Citoyens<br />
balayeurs. Fatoumata Souratié et Rasmané Zinaba, tous deux Cibals et membres actifs de la coordination nationale du <a title="Balai citoyen" href="https://fr-fr.facebook.com/CitoyenBalayeur" target="_blank">Balai citoyen</a>, s’impatientent en attendant un retardataire. « <em>Avoir du retard, ce n’est pas Cibal</em> », soulignent- ils avant de se faire rappeler à l’ordre par Eric Kinda, un gaillard de plus d’1,90 m âgé de 43 ans qui est le responsable chargé de l’installation des clubs. Maintenant au complet, la petite troupe remonte sur ses deux roues et rejoint le lieu de l’inauguration. La réunion se fait dehors, dans la rue. Quelques personnes, assises sur des bancs posés sur le sol en terre, patientent sagement. Des femmes sortent une glacière et distribuent à<br />
l’assemblée des sachets d’eau bienvenus par ces températures écrasantes.</p>
			<div id="chapter-unique-555-18"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Aucune vocation de conquérant">
						<span>Aucune vocation de conquérant</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
			<div id="aesop-quote-component-555-2"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-right  aesop-quote-type-pull   quote-left-right " style="color:#ffffff;height:auto;width:200;">

				
				<blockquote class="aesop-component-align-right" style="font-size:1em;">
					<span>Le Balai citoyen soutient le code électoral qui empêche les anciens partisans de Blaise Compaoré de se présenter aux prochaines élections.</span>

									</blockquote>

				
			</div>
		

<p>Accrochée à un mur de maison, une banderole affiche le logo du Balai citoyen : un poing levé. Il y a environ une soixantaine de clubs Cibal à Ouagadougou et une quarantaine sur le reste du territoire. Ils constituent l’organe de base du mouvement, à la fois assise dans la population et lien direct avec les citoyens. Depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014, la demande de création de tels clubs ne cesse d’augmenter, tant dans la capitale que dans les provinces. Les créations ont lieu le week-end car tous les membres de la coordination nationale sont bénévoles. Parfois, une manifestation de grande envergure, comme celle des 25 et 26 avril derniers, reporte la réunion.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/qs6UYagEq4I" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>L’installation du club Cibal « Soleil de la Révolution » de Kossodo peut commencer. Les représentants du Balai ont pris place sur un banc face au public. Avant toute chose, chacun se présente. « <em>Que vous soyez chômeur ou travailleur libéral, vous êtes les bienvenus</em> », commence<br />
Rasmané, en charge de l’organisation. Devant une quarantaine de personnes, et avec une aisance orale évidente, il rappelle la chronologie, l’organisation et la raison d’être du mouvement. Le Balai citoyen a été créé officiellement le 25 août 2013 par les artistes Smockey et Sam’s K le Jah. Les deux musiciens mûrissaient le projet depuis longtemps. Leur volonté est de proposer une structure « <em>politique, issue de la société civile mais qui n’a pas vocation à la conquête du pouvoir</em> », explique Souleymane Yameogo, le chargé de communication. Le Balai est envisagé comme une sentinelle qui rappellerait aux politiques de ne jamais oublier l’intérêt des citoyens.</p>
	    	<script>
		    	jQuery(document).ready(function($){
		    		$('#aesop-video-555-8').arrive('.mejs-video', function(){
						$('#aesop-video-555-8').waypoint({
							offset: 'bottom-in-view',
							handler: function(direction){
						   		$('#aesop-video-555-8 .mejs-playpause-button button').trigger('click');
						   	}
						});
												$('#aesop-video-555-8').waypoint({
							handler: function(direction){
						   		$('#aesop-video-555-8 .mejs-playpause-button button').trigger('click');
						   	}
						});
											});
		    	});
	    	</script>
    		    <div id="aesop-video-555-8"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-visible   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-555-8 aesop-component-align-center self" style=max-width:100%; >

				<div style="width: 640px; height: 360px; " class="wp-video"><!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('video');</script><![endif]-->
<video class="wp-video-shortcode" id="video-555-1" width="640" height="360" autoplay="1" preload="metadata" controls="controls"><source type="video/mp4" src="/wp-content/uploads/2015/06/Montage_AlterMonde_DEF-1920-h264.mp4?_=1" /><a href="/wp-content/uploads/2015/06/Montage_AlterMonde_DEF-1920-h264.mp4">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Montage_AlterMonde_DEF-1920-h264.mp4</a></video></div>		    </div>

	   	 			</div>

		
			<div id="chapter-unique-555-19"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="La pression citoyenne paie">
						<span>La pression citoyenne paie</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Tout a débuté en 2011, une année capitale pour l’Afrique. Les Printemps arabes font souffler un vent de révoltes au Maghreb, révèlent l’utilité des réseaux sociaux dans le combat politique et créent une euphorie parmi la jeunesse africaine. Au Burkina, la mort suspecte de Justin Zongo, jeune élève d’un collège de Koutougou, fait descendre les jeunes dans la rue et embrase le pays. « <em>Déjà, à cette époque, on a senti que Blaise pouvait tomber, malheureusement, les militaires sont entrés en jeu</em> », se souvient Souleymane. Au Sénégal, deux artistes arrivent à fédérer la société civile en créant <em><a title="Collectif Y'en a marre !" href="https://fr-fr.facebook.com/pages/Y-en-a-marre/173373102703740" target="_blank">Y’en a marre !</a> </em>L’année suivante, le Burkina connaît des élections législatives et municipales.</p>
<p>« <em>Le déclic, ce fut le scrutin de 2012</em>, <a title="Thomas Sankara, l’âme de fond de la révolution au Burkina Faso" href="http://www.liberation.fr/monde/2014/11/14/burkina-faso-thomas-sankara-l-ame-de-fond-de-la-revolution_1143090" target="_blank">explique</a> Guy- Hervé Kam, l’une des têtes pensantes du Balai. <em>Les élections municipales et législatives ont surtout renforcé l’aile la plus dure du parti de Compaoré (…). On a alors compris que rien n’arrêterait le régime dans sa course à la survie</em> ».</p>
		<div id="aesop-image-component-555-11"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-left" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_003.jpg" title="">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_003.jpg" alt="Anais_Dombret_003">
						</a>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		

<p class="GreyBG rightGreyBG"><a title="Reviviez le débat autour du mouvement Y en a marre ! au Sénégal" href="https://altermondes.org/senegal-y-en-marre-apres/">Revivez le débat </a>organisé au cinéma <em>Le Nouveau Latina</em> par le <em>Festival International du Film des Droits de l’Homme</em> (<em>FIFDH</em>) et <em>Altermondes</em> autour du film « Boy Saloum », consacré au mouvement Y en a marre ! au Sénégal.</p>
<p>En 2012, le Sénégal connaît l’alternance politique. Les voisins sénégalais de Y’en a marre ! ont toujours soutenu le Balai citoyen. Ils ont apporté leur aide, leur expertise et ont même participé à des actions de sensibilisation. En octobre 2014, l’élève burkinabè va dépasser le maître sénégalais en obtenant le départ de Blaise Compaoré, après vingt-sept ans de pouvoir. Avant les deux jours de mobilisation, les 30 et 31 octobre, « le beau Blaise » ne s’était pas méfié et avait même raillé le mouvement. « <em>La pression paye mais on ne s’en contente pas, on fait aussi des propositions</em> », rappelle, ce jour-là, Rasmané aux participants de l’installation du club Cibal de Kossodo. Entre deux braiments d’âne et un scooter qui pétarade, Éric prend la parole et insiste sur les élections à venir. Le 11 octobre prochain, après un an de gouvernement de transition, le Burkina votera pour élire le successeur de Michel Kafondo, le président intérimaire. Les enjeux sont énormes. Le pays pourrait connaître sa première élection démocratique depuis des années. Le propos passerait presque pour de la provocation, mais Éric ne se départit pas de son sérieux : « <em>Vous pouvez prendre l’argent que vous tendent les politiciens pour acheter votre vote, mais vous n’êtes </em><em>pas obligés de voter pour eux !</em> ». Rires dans le public. « <em>D’ailleurs, si on vous demande ce que vous êtes venus chercher dans cette réunion, lance-t-il, répondez-leur : “Des idées” !</em> » Il rappelle aussi que l’on ne peut pas être membre de l’organisation et se présenter aux élections.</p>
<p class="GreyBG">Saviez-vous que 71% des Burkinabè n&rsquo;ont jamais connu qu’une seule famille au pouvoir ? C&rsquo;est ce que dénonce  le rapport <a title="En Afrique, comme ailleurs pas de démocratie sans alternances !" href="https://altermondes.org/afrique-la-democratie-prise-en-otage/" target="_blank"><i>En Afrique, comme ailleurs pas de démocratie sans alternances !</i></a> du collectif <a title="Tournons la page" href="http://tournonslapage.com/le-collectif/" target="_blank">Tournons la page</a>. Car loin d&rsquo;être une spécialité du Burkina Faso, l&rsquo;attachement au pouvoir est une maladie partagé par des nombreuses « démocraties » africaines. Lesquelles ? Découvrez-le à l&rsquo;aide de cette infographie &gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;</p>

<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-555-2').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-555-2" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-555-2"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">Quelle est la part de la population n&#039;ayant connu qu&#039;une seule famille au pouvoir en Corée du Nord, Syrie ou au Gabon ? La réponse dans cette infographie tirée du dernier rapport du collectif Tournons la page</div></a><div id="aesop-doc-collapse-555-2" style="display:none;" class="aesop-content"><img src="https://altermondes.org/wp-content/uploads/2015/04/Liste-Familles-Pouvoir.png"</div></aside>
			<div id="chapter-unique-555-20"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Les caravanes sillonnent le pays">
						<span>Les caravanes sillonnent le pays</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Ce scrutin constitue l’un des sujets les plus présents dans les conversations, avec la déception engendrée par le gouvernement de transition, les coupures d’électricité et les grèves. La fin du régime Compaoré a soulevé tellement d’espoirs qu’elle charrie aussi son lot de désillusions. On ne change pas un système qui a duré près de trois décennies en un an.</p>
			<div id="aesop-quote-component-555-3"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-right  aesop-quote-type-pull   quote-left-right " style="color:#ffffff;height:auto;width:200;">

				
				<blockquote class="aesop-component-align-right" style="font-size:1em;">
					<span>Blaise Compaoré a pris le pouvoir le 15 octobre 1987, après un coup d&#039;Etat contre Thomas Sankara. Il a démissionné le 31 octobre 2014</span>

									</blockquote>

				
			</div>
		

<aside id="aesop-audio-555-1"  class="aesop-component aesop-audio-component " >

							<script>
				jQuery(document).ready(function($){
					$('#aesop-audio-555-1').arrive('.mejs-audio', function(){

						$('#aesop-audio-555-1').waypoint({
							offset: 'bottom-in-view',
							handler: function(direction){
								$('#aesop-audio-555-1 .mejs-playpause-button button').css({'cursor':'pointer'}).click();
							}
						});

						
						});
					});
				</script>
			<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');</script><![endif]-->
<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-555-1" preload="none" style="width: 100%; visibility: hidden;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="/wp-content/uploads/2015/06/Serge_Bayala_1-2.mp3?_=1" /><a href="/wp-content/uploads/2015/06/Serge_Bayala_1-2.mp3">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Serge_Bayala_1-2.mp3</a></audio></aside>
<div id="attachment_655" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_036.jpg"><img class="size-medium wp-image-655" src="/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_036-300x200.jpg" alt="Serge Bayala, étudiant et co-fondateur des débats à l’université de Ouagadougou &quot;2h pour nous, 2h pour l'Afrique&quot;" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Serge Bayala, étudiant et co-fondateur des débats à l’université de Ouagadougou &laquo;&nbsp;2h pour nous, 2h pour l&rsquo;Afrique&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>Danièle Bougaïré, la nouvelle directrice générale de la RTB, la chaîne de radio et télévision nationale, ne dit pas autre chose. « <em>Je sais que les gens s’impatientent, mais je demande au public de l’indulgence. Nous sommes à pied d’oeuvre pour que le changement arrive mais il faut du temps.</em> » Les Burkinabè donnent le sentiment de ne pas vouloir se faire voler leur révolution. Nombreux sont ceux qui s’accordent sur le fait que le processus électoral doit aboutir. Entre les grèves et les polémiques sur le code électoral, chaque semaine ou presque, un obstacle semble se présenter. Moumouni Tiendrebeogo, un proche du Balai citoyen, veut garder espoir. « <em>Pour une fois, on ne peut pas dire qui va l’emporter et personne ne pourra truquer le vote parce que les gens seront vigilants</em>, lance ce businessman qui a fait fortune dans les hydrocarbures. <em>Cette transition doit réussir pour que mes enfants vivent dans un pays où l’on n’a pas besoin de connaître un politicien pour trouver du travail.</em> »</p>
			<div id="aesop-quote-component-555-4"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-left  aesop-quote-type-pull  quote-is-parallax quote-left-right " style="color:#ffffff;height:auto;width:100%;">

				
				<blockquote class="aesop-component-align-left" style="font-size:1em;">
					<span>Le dernier recensement de 2006 montre que les moins de 20 ans représentent 57% de la population</span>

									</blockquote>

				
			</div>
		
<p>Des caravanes du Balai sillonnent d’ailleurs le pays pour inciter la jeunesse à s’inscrire. Avec la campagne « Après ta révolte, ton vote », les jeunes sont invités à « s’enrôler » sur les listes électorales. Ils sont l’un des enjeux de l’élection .L’éducation citoyenne constitue l’un des <span style="font-size: 1em; line-height: 1.8;">objectifs majeurs du mouvement. Il faut expliquer aux Burkinabè qu’ils sont les « employeurs » des hommes politiques et que ces derniers devraient donc se comporter en « employés » dédiés à la bonne gestion des affaires publiques. Dans un pays où tout le monde convient que l’ancien dirigeant s’est allègrement servi dans les caisses de l’État et que la corruption règne à </span>tous les niveaux, parfois même pour recevoir un simple formulaire, le propos n’est pas neutre. Dans le quartier de Kossodo, la fin de la réunion approche. Éric le clame à ses auditeurs : « <em>Il vous appartient d’ouvrir l’oeil et de demander des comptes !</em> ».</p>
			<div id="chapter-unique-555-21"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Deux figures tutélaires">
						<span>Deux figures tutélaires</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<blockquote><p>« On a désormais un peuple qui a une conscience politique très poussée, un peuple qui veille. »</p></blockquote>
<div id="attachment_583" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_014.jpg"><img class="wp-image-583 size-large" src="/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_014-1024x682.jpg" alt="Deux autocollants : le symbole du Balai citoyen et le visage de Thomas Sankara  (Anaïs Dombret/Hanslucas.com)" width="1024" height="682" /></a><p class="wp-caption-text">Deux autocollants : le symbole du Balai citoyen et le visage de Thomas Sankara (Anaïs Dombret/Hanslucas.com)</p></div>
<p>Quelques jours plus tard, le rappeur Smockey assure un concert gratuit qui rassemble des milliers de personnes à Ouagadougou, sur une place de la Nation noire de monde. Ceux qui se relaient sur scène font vibrer la jeunesse et portent des messages politiques qui ne sont jamais orientés vers tel parti ou candidat. Comme un fil conducteur, les interpellations <em>« Allez voter ! »</em>,<em> « Inscrivez-vous ! »</em> ponctuent la soirée. Les forces de l’ordre qui assurent la sécurité de la manifestation se font même applaudir. La figure de Thomas Sankara s’invite partout, sur scène comme sur les t-shirts arborés dans le public. Smockey le convoque à l’envi, ce qui a pour effet de galvaniser la foule. Pour comprendre l’engouement autour du « Che africain », un vieux monsieur a son idée : « <em>Au vu de l’histoire du pays, nous pourrions aisément penser que nous sommes cernés par la malchance. Or les quatre années du président Sankara nous ont montré que l’on peut s’en sortir, à condition d’en avoir la volonté</em> ». Les cadres du Balai énumèrent souvent le bilan de celui qui a dirigé le Burkina Faso de 1984 à 1987 : hausse de l’alphabétisation, autosuffisance alimentaire, réduction drastique du train de vie de l’État. L’autre figure tutélaire est celle du journaliste Norbert Zongo, assassiné le 13 décembre 1998. Ce dernier a payé de sa vie la lutte qu’il menait contre le pouvoir. « <em>Nous avons tiré des leçons de ces grands frères qui nous ont laissé un héritage</em>, explique Smockey. Norbert se battait seul et il en est mort. <em>Nous sommes tout un groupe de jeunes et nous travaillons ensemble.</em> »</p>
<div id="aesop-gallery-597-3"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_017.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_019.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_020.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Anais_Dombret_021.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	<p class="aesop-component-caption">Un concert de Smockey (Anaïs Dombret/Hanslucas.com)</p></div>

<p>Le rappeur raconte une anecdote. En 2008, pour l’anniversaire<br />
des dix ans de la mort de Norbert Zongo, il se rend sur le campus de Ouagadougou pour faire signer une pétition demandant la réouverture de l’enquête. « <em>Alors que l’on ne réclamait même pas de pièce d’identité, les étudiants ne voulaient pas signer. Ils avaient peur.</em> » La donne a changé. Sur le campus, des tableaux sont installés à ciel ouvert. Des tables en pierre, qui rappellent celles des aires d’autoroutes françaises, sont dispersées sur le sol en latérite. Certains étudiants s’entraînent en faisant des exercices de mathématiques. Des lignes de calculs se succèdent. Le tout se passe à ciel ouvert, sous les <a title="caïlcédra" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khaya_senegalensis" target="_blank">caïlcédrats</a>. L’application du système LMD (Licence-Master-Doctorat) et le retard dans la correction des copies entraînent leur lot de complications. Au lieu de travailler sur le programme 2014-2015, les leçons et les examens en cours concernent l’année 2013-2014. L’application de la réforme a entraîné un tel retard que beaucoup en pâtissent, en particulier les étudiants qui veulent présenter des demandes de bourse pour poursuivre leur cursus à l’étranger. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Dans un coin, le calme régnant est rompu par l’effervescence d’un débat intitulé  « Deux heures pour nous, deux heures pour l’Afrique ». La thématique ? L’attaque qui a tué 148 étudiants au Kenya. Stéphane joue le médiateur et ponctue les interventions un peu longues par des « Deux heures pour nous, deux heures pour l’Afrique ! » repris en chœur par l’assistance, composée en grande majorité d’hommes. Chacun peut prendre la parole et, souvent, le propos dépasse largement le sujet du jour. Les discussions portent sur l’avenir du pays, la place de la religion dans les cours ou comment affirmer son identité africaine. Difficile de dire si ces jeunes constituent une frange représentative de la jeunesse burkinabè, mais ils compteront sans doute comme leaders demain. Serge Bayala, 23 ans, a créé ces débats au cœur de l’université en mai 2013. Cet étudiant passionné de politique, et militant très actif du Balai citoyen, veut croire en l’avenir de son pays. « <em>Je fonde mon optimisme sur le fait qu’on a désormais un peuple qui a une conscience politique très poussée, un peuple qui veille. Si le président élu en 2015 se hasarde à vouloir exécuter un agenda personnel, le peuple va battre le macadam pour le rappeler au pas.</em> » Gilles Yabi, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest à l’International Crisis Group va dans le même sens et salue « <em>le niveau de conscience politique élevé du Burkina qui le distingue d’autres pays d’Afrique. On peut se permettre d’être optimiste car la conscience de l’intérêt général est particulièrement développée, entre autres grâce au sankarisme</em> ». De son côté, l’artiste Smockey ne cache pas que la lutte épuise. « <em>Pour l’instant, on est encore dans la gestion mais après, on pourra peut-être se reposer.</em> » Seule l’issue du scrutin du 11 octobre le décidera.</p>

<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/IN-_YS_LIos" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Photos et sons : Anaïs Dombret/<a title="Hanslucas" href="http://hanslucas.com/" target="_blank">Hanslucas.com</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/burkina-faso-la-danse-du-balai/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Montage_AlterMonde_DEF-1920-h264.mp4" length="20419373" type="video/mp4" />
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/06/Serge_Bayala_1-2.mp3" length="974006" type="audio/mpeg" />
		</item>
		<item>
		<title>Les Sahraouis victimes de l’indifférence générale</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/les-sahraouis-victimes-de-lindifference-generale/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/les-sahraouis-victimes-de-lindifference-generale/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2015 21:30:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Quarante]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>
		<category><![CDATA[Gdeim Izik]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara occidental]]></category>
		<category><![CDATA[Sahraouis]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=506</guid>
		<description><![CDATA[Engagé depuis 1975 – et l’annexion du Sahara occidental par le Maroc ­ dans une lutte pour la reconnaissance de son territoire et de ses droits, le peuple sahraoui fait toujours face à la répression de la part des autorités marocaines. Un combat peu médiatisé, occulté même par une grande partie de la presse, sur lequel revient [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Engagé depuis 1975 – et l’annexion du Sahara occidental par le Maroc ­ dans une lutte pour la reconnaissance de son territoire et de ses droits, le peuple sahraoui fait toujours face à la répression de la part des autorités marocaines. Un combat peu médiatisé, occulté même par une grande partie de la presse, sur lequel revient <a title="Altermondes" href="altermondes.org" target="_blank"><em>Altermondes</em></a>, cinq ans après les événements de Gdeim Izik.</p>
<aside id="aesop-audio-506-2"  class="aesop-component aesop-audio-component " style=height:0;z-index:-1;position:absolute;opacity:0;>

							<script>
				jQuery(document).ready(function($){
					$('#aesop-audio-506-2').arrive('.mejs-audio', function(){

						$('#aesop-audio-506-2').waypoint({
							offset: 'bottom-in-view',
							handler: function(direction){
								$('#aesop-audio-506-2 .mejs-playpause-button button').css({'cursor':'pointer'}).click();
							}
						});

												$('#aesop-audio-506-2').waypoint({
							handler: function(direction){
								$('#aesop-audio-506-2 .mejs-playpause-button button').css({'cursor':'pointer'}).click();
							}
						});
						
						});
					});
				</script>
			<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-506-2" loop="1" preload="none" style="width: 100%; visibility: hidden;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="/wp-content/uploads/2015/03/Resistencia-Saharaui-__-Les-sahraouis-assiégés-part-1.-panorama-campement.avi.mp3?_=2" /><a href="/wp-content/uploads/2015/03/Resistencia-Saharaui-__-Les-sahraouis-assiégés-part-1.-panorama-campement.avi.mp3">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/03/Resistencia-Saharaui-__-Les-sahraouis-assiégés-part-1.-panorama-campement.avi.mp3</a></audio></aside>
			<div id="chapter-unique-506-22"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Le camp de la dignité">
						<span>Le camp de la dignité</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>À la mi-­octobre 2010, cela faisait déjà quelques mois que l’idée germait dans l’esprit d’activistes du Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc depuis quarante ans : dresser un campement de tentes traditionnelles (les khaimas) à l’extérieur de la ville d’El Aaiún pour rassembler des milliers de Sahraouis et dénoncer la discrimination économique, sociale et politique dont souffre cette population. Après quelques tentatives avortées, le 10 octobre, une cinquantaine de tentes est montée à Gdeim Izik, à 12 km de la « capitale ». Le mouvement s’amplifie très vite. Le « camp de la dignité », comme il sera rapidement baptisé, comptera jusqu’à 6 610 khaimas, selon une estimation de l’Onu (1).</p>
<p>Toujours selon l’organisation, le nombre de participants, qui a considérablement varié tout au long des trois semaines qu’a duré la mobilisation, aurait dépassé les quinze mille.</p>

			<div id="aesop-map-component"  class="aesop-component aesop-map-component  " style="height:400px;">

				</div>
<p>Venant des environs mais aussi d’Espagne, où vit une diaspora importante, ou des camps de réfugiés installés près de Tindouf, en Algérie, les Sahraouis, femmes, jeunes, enfants ont le sentiment de vivre à Gdeim Izik un événement exceptionnel dans l’histoire de la lutte qu’ils mènent depuis 1975 et l&rsquo;occupation du Sahara occidental par le royaume du Maroc, et plus particulièrement depuis le lancement, en 2005, de leur « intifada pacifique ». L’ampleur de la mobilisation est en effet considérable si on la ramène à la proportion, devenue très minoritaire, des Sahraouis dans ce territoire mais aussi compte tenu de la répression qu’exercent les forces de l’ordre marocaines contre tous ceux qui réclament le référendum d’autodétermination qu’une mission onusienne, la Mission des Nations­Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (<a title="Minurso" href="http://minurso.unmissions.org/" target="_blank">Minurso</a>), doit organiser depuis 1991.</p>
		<div id="aesop-image-component-506-12"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-left" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/03/Quartier-Marocain-de-Wakkala-à-Dakhla.jpg" title="Signe d'une colonisation durable. Le quartier de Wakkala à Dakhla, où des centaines de Marocains ont pu quitter un bidonville et construire « en dur » grâce à l'aide financière des pouvoirs publics. (Crédit photo : Olivier Quarante)">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/03/Quartier-Marocain-de-Wakkala-à-Dakhla.jpg" alt="Signe d&#039;une colonisation durable. Le quartier de Wakkala à Dakhla, où des centaines de Marocains ont pu quitter un bidonville et construire « en dur » grâce à l&#039;aide financière des pouvoirs publics. (Crédit photo : Olivier Quarante)">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Signe d'une colonisation durable. Le quartier de Wakkala à Dakhla, où des centaines de Marocains ont pu quitter un bidonville et construire « en dur » grâce à l'aide financière des pouvoirs publics. (Crédit photo : Olivier Quarante)								<p class="aesop-cap-cred">Olivier Quarante</p>
							
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		


<p>Pour les Sahraouis, ce regroupement à Gdeim Izik permet de se compter et de montrer aux yeux du monde l&rsquo;existence d&rsquo;un peuple sahraoui. Un enjeu de taille tant, depuis le lancement en novembre 1975 de la légendaire « Marche verte », soi-disant pacifique quand elle fut autant politique que militaire, la stratégie marocaine consiste bien à annihiler les Sahraouis, en les noyant dans la masse des civils Marocains. En mettant sur les routes 350 000 Marocains pour « récupérer » les « provinces du sud », selon les termes de la propagande marocaine, Hassan II voulait montrer sa détermination et installer durablement ses sujets au Sahara occidental. Dans le même temps, plusieurs dizaines de milliers de Sahraouis ­peut-être 40 000­ quittent leurs terres pour se réfugier dans l&rsquo;extrême sud-ouest de l&rsquo;Algérie (où ils sont désormais entre 100 et 150 000).</p>
	    <div id="aesop-video-506-9"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-hidden   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-506-9 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/wLbbdBh4tWI?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 			</div>

		
<p>L&rsquo;ONU, qui considère depuis 1963 le Sahara occidental comme un territoire non autonome, c’est-à-dire à décoloniser, n&rsquo;a jamais empêché l&rsquo;arrivée de nouveaux colons, attirés par les investissements importants réalisés par le royaume pour développer cette région au fort potentiel économique et essentielle pour la survie du Makhzen. Le Conseil de sécurité a beau réaffirmé, année après année, <em>« sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental »</em>, le niveau désormais atteint par la population marocaine ­qu&rsquo;on ne connaît pas avec précision est un obstacle majeur à la tenue de cette consultation référendaire.</p>
			<div id="chapter-unique-506-23"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Silence médiatique">
						<span>Silence médiatique</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p><em>« Gdeim Izik, ça a été l’histoire d’un peuple libre</em>, raconte aujourd’hui M., président d’une association pour la protection de la culture et du patrimoine sahraouis, interdite par le Maroc comme toutes les associations sahraouies.<em> On y avait retrouvé une solidarité, une vie collective, loin de celles que nous vivons en ville. »</em> Organisé trois mois avant les révoltes populaires en Tunisie, en Égypte, en Lybie et dans d’autres pays arabes, le camp de Gdeim Izik a pourtant été très peu médiatisé en France. Les suites encore moins.</p>
<aside id="aesop-audio-506-3"  class="aesop-component aesop-audio-component " >

			<h5>Dans cette émission de Là-bas si j'y suis, l’intellectuel américain Noam Chomsky affirme que Gdeim Izik aurait représenté les prémisses des révolutions arabes</h5><audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-506-3" preload="none" style="width: 100%; visibility: hidden;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="/wp-content/uploads/2015/03/Chomsky-1.mp3?_=3" /><a href="/wp-content/uploads/2015/03/Chomsky-1.mp3">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/03/Chomsky-1.mp3</a></audio></aside>
<p>Pourtant, pour les Sahraouis, il y a bien un avant et un après Gdeim Izik. <em>« Depuis, les gens n’ont plus peur</em>, veut croire Mohamed Daddach, président du Comité de défense du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental (Codapso), après avoir été condamné à mort (5) puis détenu de 1976 à 2001. <em>Maintenant, les Sahraouis descendent dans la rue et entonnent la chanson de la lutte pour notre droit à l’autodétermination. »</em></p>
		<div id="aesop-image-component-506-13"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-left" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/03/Le-militant-Mohamed-Daddach-chez-lui-à-El-Aaiun.jpg" title="Mohamed Daddach, détenu 25 ans. (Crédit photo : Olivier Quarante)">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/03/Le-militant-Mohamed-Daddach-chez-lui-à-El-Aaiun.jpg" alt="Mohamed Daddach, détenu 25 ans. (Crédit photo : Olivier Quarante)">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Mohamed Daddach, détenu 25 ans. (Crédit photo : Olivier Quarante)								<p class="aesop-cap-cred">Olivier Quarante</p>
							
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		


			<div id="aesop-quote-component-506-5"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-center  aesop-quote-type-block    " style="background-color:#282828;color:#ffffff;height:auto;width:100%;">

									<!-- Aesop Core | Quote -->
					<script>
						jQuery(document).ready(function($){

							var moving 		= $('#aesop-quote-component-506-5 blockquote'),
								component   = $('#aesop-quote-component-506-5');

							// if parallax is on and we're not on mobile
							
								moving.waypoint({
									offset: '90%',
									handler: function(direction){
								   		$(this).toggleClass('aesop-quote-faded');

								   	}
								});

							
						});
					</script>

				
				<blockquote class="aesop-component-align-center" style="font-size:2em;">
					<span>Quelques 4 à 500 Sahraouis ont été arrêtés, majoritairement dans les années 1975­-1976, et détenus au secret dans les bagnes marocains. En 1991, plus de 300 ont été libérés. A ce jour, on reste sans nouvelles de plusieurs centaines de Sahraouis, morts en détention ou tués par l&#039;armée marocaine.</span>

									</blockquote>

				
			</div>
		
<p>À El Aaiún, Boujdour, Dakhla et Smara, les grandes villes du Sahara occidental, ils n’hésitent plus à s’exposer pour témoigner devant les quelques journalistes qui parviennent à travailler sur place. Des manifestations pacifiques sont fréquemment organisées, comme celle de mai 2013, qui avait rassemblé au moins 2 000 personnes à El Aaiún, malgré l’état de siège militaire permanent et le quadrillage des quartiers sahraouis, pour protester contre la décision du Conseil de sécurité de l’Onu de renoncer à donner mandat à la Minurso de surveiller le respect des droits humains. Cette question de la surveillance des droits de l’homme est devenue une revendication centrale des militants sahraouis, et aussi du Front polisario, d&rsquo;ONG et de plusieurs pays. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;à ce jour, la mission de l&rsquo;ONU sur place n&rsquo;en a pas la compétence, alors que la plupart des missions onusiennes ­en tout cas les plus récentes intègrent un volet « droits de l&rsquo;homme ». Ensuite, parce que le mouvement des Sahraouis à Gdeim Izik a démontré l&rsquo;inadaptation de la Minurso au vu de l&rsquo;évolution de la situation. La preuve la plus criante est le fait que, comme le souligne le rapport de Ban Ki­ moon présenté au Conseil de sécurité en avril 2011, <em>« les tentatives de patrouilles militaires et les visites par le personnel de sécurité et de police des Nations Unies ont été empêchées ou stoppées à plusieurs reprises »</em> par les forces de l’ordre marocaines, alors qu&rsquo;elles souhaitaient observer la situation à Gdeim Izik. Un acte qui sera dénoncé par le secrétaire général de l&rsquo;ONU car il a constitué une violation du cessez-le-feu et a entravé les capacités de la Minurso. Son mandat prévoit en effet que la mission <em>« (&#8230;) est chargée de fonctions ordinaires de maintien de la paix comme le suivi, l’évaluation et la communication d’information concernant les événements locaux qui touchent ou intéressent la situation dans le Territoire »</em>.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/_3Um41o2s_g" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
			<div id="chapter-unique-506-24"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Démantèlement dans la violence">
						<span>Démantèlement dans la violence</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>En l&rsquo;absence d&rsquo;observateurs internationaux (les journalistes étrangers, mais pas français, réussissant à aller sur place seront extrêmement rares), la situation à Gdeim Izik va dégénérer. Le 24 octobre 2010, un Sahraoui de 14 ans est tué par les forces marocaines à l’entrée du camp. Le 8 novembre, jour du démantèlement du village de tentes, <em>« des membres des forces auxiliaires et de la police marocaines ont dispersé les manifestants par la force, à l’aide de gaz lacrymogènes, de canons à eau, de bâtons et de haut-parleurs montés sur des véhicules et des hélicoptères, et ont détruit le camp »</em>, a expliqué alors Ban Ki­ moon, Secrétaire général des Nations unies. Côté marocain, on annonçait la mort de onze membres des forces de sécurité et de deux Sahraouis, le second étant décédé lors des affrontements survenus par la suite dans El Aaiún. Mais, aucune enquête indépendante ne sera menée ni au moment du démantèlement, ni tout de suite après. Le 16 novembre 2010, une réunion exceptionnelle ­à huis clos­ du conseil de sécurité de l’ONU a eu lieu à la demande de plusieurs pays membres, mais la demande d&rsquo;envoi d&rsquo;une mission internationale pour faire la lumière sur les événements est rejetée. Pour le Maroc, cela aurait été un réel casus belli.</p>
<p>Certains pays membres permanents préfèrent ménager la susceptibilité du royaume.</p>
		<div  class="aesop-component aesop-content-component   " style="" >

			
			<div id="aesop-content-component-506-3" class="aesop-content-comp-wrap aesop-content-comp-columns-3 " style="color:#ffffff;background-color:#333333;">

				
				<div class="aesop-component-content-data aesop-content-comp-inner " style="max-width:100%;margin-left:auto;margin-right:auto;">

					
						<p><strong>Deux français (Lise Trégloze, 33 ans, et Anthony Jean, 31 ans) se sont rendus à trois reprises dans le campement de Gdeim Izik, entre le 23 et le 31 octobre 2010. Lise Trégloze revient sur ce « printemps sahraoui ».</strong></p>
<p><strong>Quelles ont été vos premières impressions ?</strong></p>
<p><strong>Lise Trégloze : </strong>Nous étions impressionnés ! Nous avions tous les deux beaucoup voyagé et vécu plusieurs expériences incroyables mais celle­-ci dépassait tout ! Je n’avais jamais vu de camp de réfugiés et celui-­ci y ressemblait beaucoup, mais sans le côté triste et déprimant. Au contraire, une fois les barrages policiers et militaires passés, nous entrions dans un grand village où tout le monde circulait librement, saluait son voisin dans la joie, échangeait des discussions sans peur d’être écoutés, bref un grand sentiment de liberté alors que depuis notre départ, plus de deux mois auparavant, nous étions dans une pression permanente (tout le temps suivis, sur écoute…) à cause de notre reportage sur les mouvements sociaux au Maroc.</p>
<p><strong>Quels aspects de cette vie au milieu du désert retenez-­vous, dans ces conditions matérielles précaires et, rapidement, dans un contexte sécuritaire particulier, avec un encerclement policier et militaire ?</strong></p>
<p><strong>L.T. : </strong>C’est vrai que les conditions de vie étaient difficiles dans le campement et l’armée marocaine faisait tout pour la rendre impossible : le mur qui encerclait le campement empêchait son développement et allait tôt ou tard poser un problème sanitaire à cause des déchets. L’armée bloqua quelques jours après notre arrivée l’entrée de nouvelles tentes et de matériel pour la construction de sanitaires. La survie des personnes dans le campement dépendait des aller­-retours avec El Aaiun pour l’approvisionnement en eau, gaz (pour les repas et le thé), nourriture. Il n’y avait qu’un puits avec de l’eau sale et le comité d’organisation avait imposé une restriction d’eau pour chaque famille. Mais tout était bien organisé. Chacun allait manger chez son voisin. Il y avait même un « magasin gratuit » où la nourriture en trop était déposée pour qui en avait besoin.</p>
<p><strong>Avec le recul, que pensez-­vous de la médiatisation de Gdeim Izik ?</strong></p>
<p><strong>L.T. : </strong>Pour nous qui étions à l’intérieur et après avoir mieux compris l’histoire du peuple sahraoui et ce que représentait cette mobilisation, nous nous attendions naïvement que ce soit sur toutes les TV. Or, ce ne fut absolument pas le cas. Nous avons été très déçus des médias français, mais nous avons pris conscience de l’embargo médiatique bien plus tard, de retour en France. Quelques mois plus tard commençait le printemps arabe et là, la presse française a été beaucoup plus réactive. Je pense que c’est aussi une question politique. Mais qui sait comment Gdeim Izik aurait été médiatisé s’il était survenu entre la chute du dictateur tunisien et le dictateur égyptien ?</p>
<p>Retrouver l’intégralité du témoignage sur <a href="http://www.nouvellesdusahara.fr/revolte­-de-­gdeim-­izik-%20il-­y­-a-­trois-­ans-­lise­-une-­francaise­-y-­etait/" target="_blank">www.nouvellesdusahara.fr</a></p>

					
				</div>

				
			</div>

			
				</div>
			
<p>Le bilan précis des violences in situ et qui ont embrasé la ville d&rsquo;El Aaiun dans les heures suivantes restera donc inconnu. Sur le nombre de morts, l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture (Acat­ France), le CCFD­Terre Solidaire, Human Rights Watch et Oxfam France préfèrent utiliser le conditionnel dans un communiqué commun le 25 novembre 2010. Y a­-t-­il eu d’autres morts côté sahraoui ? L’Association sahraouie des victimes de violations graves des droits de l’Homme commises par l’État marocain (ASVDH) cite dans son rapport le cas d’un autre Sahraoui, ce que relève également Human Rights Watch. Le rapport de l&rsquo;ONU d&rsquo;avril 2011 souligne que : <em>« Les troubles qui se sont poursuivis avant de se calmer au cours des jours suivants ont fait de nombreux morts et blessés et causé d’importants dommages matériels »</em>.</p>
		<div id="aesop-image-component-506-14"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-left" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/03/Familles-prisonniers-Gdeim-Izik-2.jpg" title="">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/03/Familles-prisonniers-Gdeim-Izik-2.jpg" alt="Le comité des familles des prisonniers de Gdeim Izik se bat pour obtenir la libération de leurs proches. Ici à El Aaiun. (Crédit photo : Olivier Quarante)">
						</a>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		


<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-506-3').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-506-3" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-506-3"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">Rapport du Secrétaire général de l&#039;ONU sur la situation concernant le Sahara occidental - Avril 2011 </div></a><div id="aesop-doc-collapse-506-3" style="display:none;" class="aesop-content"><object class="aesop-pdf" data="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/03/Rapport-SG-ONU-avril-2011.pdf" type="application/pdf" ></object></div></aside>
<p>La réaction des forces de sécurité a été d’arrêter des centaines de Sahraouis. Ghalia Djimi, vice-présidente de l’ASVDH, avance le chiffre de plus de 400. « Plus de deux cents ont été détenus au commissariat pendant quelques jours puis ont été libérés sans qu&rsquo;ils soient présentés devant un tribunal, explique-­t-­elle. Cent quarante autres personnes sont passées devant le tribunal, qui les a renvoyées à la prison noire d’El Aaiún. Elles y sont restées entre un et cinq mois. Elles ont été torturées ou maltraitées, puis relâchées. Toutes en liberté provisoire&#8230; Cette situation empêche toujours la quasi­majorité d’entre elles de poursuivre leur militantisme. »</p>
<aside id="aesop-audio-506-4"  class="aesop-component aesop-audio-component " >

			<h5>Interview étonnante en juillet 2013 du président de l'antenne de El Aaiun du Conseil national des droits de l'homme du Maroc</h5><audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-506-4" preload="none" style="width: 100%; visibility: hidden;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="/wp-content/uploads/2015/03/montage-CNDH-MP3.mp3?_=4" /><a href="/wp-content/uploads/2015/03/montage-CNDH-MP3.mp3">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/03/montage-CNDH-MP3.mp3</a></audio></aside>
<p>Les mains libres, la communauté internationale préférant se maintenir à distance de cet événement le plus violent depuis le cessez-le-feu de 1991, l&rsquo;Etat marocain laissera faire, voire orchestrera, les attaques de maisons de Sahraouis par des civils Marocains. Il va aussi chercher très vite à neutraliser les leaders ou ceux considérés comme tels, comme il le fait dans chaque ville où des mouvements sahraouis commencent à prendre une certaine ampleur. Entre le 7 novembre 2010 et décembre 2012, vingt-cinq Sahraouis seront arrêtés. Jugés le 17 février 2013 par le tribunal militaire de Rabat, ils ont été condamnés à des peines très lourdes – dont neuf à la perpétuité, quatre à 30 ans de prison, sept à 25 ans et trois à 20 ans. Il faut dire que l&rsquo;acte d&rsquo;accusation était très grave. Le pouvoir marocain leur reprochait de <em>« retenir un nombre considérable de citoyens »</em> et d&rsquo;avoir utilisé armes blanches, de cocktails Molotov et de voitures 4×4 pour tuer <em>« intentionnellement »</em> la mort d’un groupe de membres des forces de l’ordre, lorsque ces dernières intervenaient pour <em>« libérer les citoyens retenus par les accusés »</em>.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/bLxu_c5tgJQ?start=90&amp;end=280&amp;version=3" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Le procès a été dénoncé par de nombreuses ONG. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a demandé la libération immédiate du groupe et Amnesty International a dénoncé un jugement « inique ». De son côté, l’Acat­ France a relevé que <em>« aucune preuve n’a jamais pu être apportée pour démontrer (leur) implication dans (les) morts (des policiers), si ce n’est les aveux qu’ils ont tous signés sous la torture »</em>.</p>
<p>En vain. Ils sont toujours détenus dans la prison de Salé, près de Rabat, et mènent régulièrement des grèves de la faim pour dénoncer leur situation carcérale et le caractère politique de leur procès. Aucune enquête n&rsquo;a été ouverte sur ces allégations de torture.</p>
		<div id="aesop-image-component-506-15"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-left" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2015/03/DSCF2113.jpg" title="Claude Mangin (à droite), épouse de Naama Asfari, et la famille du militant (Crédit photo : Olivier Quarante)">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2015/03/DSCF2113.jpg" alt="Claude Mangin (à droite), épouse de Naama Asfari, et la famille du militant (Crédit photo : Olivier Quarante)">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Claude Mangin (à droite), épouse de Naama Asfari, et la famille du militant (Crédit photo : Olivier Quarante)								<p class="aesop-cap-cred">Olivier Quarante</p>
							
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		


<p>C&rsquo;est en France que la situation d&rsquo;un de ces prisonniers, Naama Asfari, a connu un rebondissement avec le dépôt par lui, son épouse française (Claude Mangin) et l&rsquo;Acat, d&rsquo;une plainte à Paris en février 2014 pour torture ou complicité de torture et mauvais traitements. En septembre de la même année, la plainte est déclarée recevable et crée même un précédent en France en reconnaissant le statut de victime directe à l&rsquo;épouse du militant dans une affaire de torture.</p>
<blockquote><p>L’engagement d’Acat ­France auprès d’un des détenus, le militant Naama Asfari, à travers les plaintes déposées en France et auprès du Comité contre la torture des Nations unies, a valu à l’ONG d’<a title="« IL Y A UN DOUBLE DISCOURS DU MAROC SUR LA TORTURE »" href="https://altermondes.org/acat-maroc-plainte-torture/" target="_blank">être poursuivie à son tour fin janvier 2015</a> par le ministère de Justice du Maroc.</p></blockquote>
<p>Autre point important : la plainte vise nommément 23 policiers, dont une quinzaine ferait partie de la DGST, le service de contre-espionnage marocain dont le directeur, Abdelatif Hammouchi. Celui-là même qui a été au centre de la crise diplomatique franco-marocaine puisqu&rsquo;il avait été convoqué en février 2014 par la vice-­doyenne des juges d’instruction du TGI de Paris chargée d&rsquo;instruire une autre plainte pour torture, déposée par un franco-marocain.</p>
<p>Que deviendra cette instruction ? Pas plus que lorsque le Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU s&rsquo;est saisi des événements de Gdeim Izik, le pouvoir français semble volontaire pour laisser la vérité éclatée. En effet, le nouvel accord de coopération judiciaire, négocié entre les deux pays pour mettre fin à leur brouille, rend plus qu&rsquo;incertaine la possibilité qu&rsquo;aurait encore la justice française de poursuivre un Marocain pour un acte commis au Maroc. Dans ce contexte, il est aussi improbable que le prochain Conseil de sécurité dédié à la question sahraouie puisse prendre une décision qui imposerait une réelle avancée à un royaume qui a fait du Sahara occidental une cause sacrée.</p>
<p>Olivier Quarante – Journaliste et animateur de <a title="Nouvelles du Sahara" href="http://www.nouvellesdusahara.fr/" target="_blank">www.nouvellesdusahara.fr</a></p>
<p>Crédit photo en Une : Anthony Jean, <a title="Totasprod" href="https://www.youtube.com/user/TotasproD" target="_blank">Totasprod </a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/les-sahraouis-victimes-de-lindifference-generale/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/03/Resistencia-Saharaui-__-Les-sahraouis-assiégés-part-1.-panorama-campement.avi.mp3" length="4136683" type="audio/mpeg" />
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/03/Chomsky-1.mp3" length="1774819" type="audio/mpeg" />
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2015/03/montage-CNDH-MP3.mp3" length="6933538" type="audio/mpeg" />
		</item>
		<item>
		<title>Mexique : la répression des écoles rurales</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/mexique-la-repression-des-ecoles-rurales/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/mexique-la-repression-des-ecoles-rurales/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2014 14:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Fernandez]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>
		<category><![CDATA[Mexique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=394</guid>
		<description><![CDATA[Au Mexique, le massacre de trois étudiants, l’enlèvement de quarante-trois autres et les découvertes successives de plusieurs fosses clandestines dans l’État de Guerrero plongent le pays dans une crise sans précédent, une large part de la population dénonçant des « crimes d’État». L’espoir des familles de retrouver leurs enfants vivants s’est écroulé avec l&#8217; identification d’un des jeunes disparus parmi les restes calcinés fournis aux experts indépendants. Au centre de la tragédie mexicaine, la très militante école normale rurale Ayotzinapa a connu une longue histoire de répression. Depuis l’escalier de pierre qui descend [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Au Mexique, le massacre de trois étudiants, l’enlèvement de quarante-trois autres et les découvertes successives de plusieurs fosses clandestines dans l’État de Guerrero plongent le pays dans une crise sans précédent, une large part de la population dénonçant des « crimes d’État». L’espoir des familles de retrouver leurs enfants vivants s’est écroulé avec l&rsquo; identification d’un des jeunes disparus parmi les restes calcinés fournis aux experts indépendants. Au centre de la tragédie mexicaine, la très militante école normale rurale Ayotzinapa a connu une longue histoire de répression.</p>
	    	<script>
		    	jQuery(document).ready(function($){
		    		$('#aesop-video-394-10').arrive('.mejs-video', function(){
						$('#aesop-video-394-10').waypoint({
							offset: 'bottom-in-view',
							handler: function(direction){
						   		$('#aesop-video-394-10 .mejs-playpause-button button').trigger('click');
						   	}
						});
											});
		    	});
	    	</script>
    		    <div id="aesop-video-394-10"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-hidden   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-394-10 aesop-component-align-center self" style=max-width:100%; >

				<div style="width: 640px; height: 360px; " class="wp-video"><video class="wp-video-shortcode" id="video-394-2" width="640" height="360" autoplay="1" preload="metadata" controls="controls"><source type="video/mp4" src="/wp-content/uploads/2014/12/count1.mp4?_=2" /><a href="/wp-content/uploads/2014/12/count1.mp4">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/12/count1.mp4</a></video></div>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-center" style=max-width:100%;>vidéo : Eva Munyiri </div>		</div>

		
<p>Depuis l’escalier de pierre qui descend de la route de Tixtla, l’école normale rurale Raúl Isidro Burgos, surnommée Ayotzinapa, donne l’impression d’un discret édifice paisiblement niché dans la Sierra del Culebreado. À l’intérieur de l’enceinte, pourtant, l’internat des futurs enseignants est en ébullition. Réunis en assemblée, plusieurs collectifs – étudiants normaliens, parents des victimes, enseignants radicalisés contre la réforme de l’éducation, organisations paysannes et polices communautaires – organisent au jour le jour la mobilisation. Devant le portail, des membres des autodéfenses communautaires se relaient jour et nuit. Des étudiants d’autres écoles normales jumelles sont venus en solidarité, des habitants des villages alentours distribuent de la nourriture. Au centre du terrain de basket se dresse un autel mortuaire, où figurent les visages des trois étudiants assassinés, ainsi que des bougies pour les quarante-trois disparus.</p>

			<div id="aesop-map-component"  class="aesop-component aesop-map-component  " style="height:400px;">

				</div>
			<div id="chapter-unique-394-25"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Un héritage militant">
						<span>Un héritage militant</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p><em>« Ayotzinapa signifie “l’endroit des tortues”,</em> raconte Pueblita, étudiant en deuxième année âgé de 20 ans. <em>Avant il y avait une hacienda bordée de petites rivières où les tortues étaient abondantes. »</em> Sur les flancs de l’école s’étendent des champs de maïs et de <em>milpa</em>, d’orangers et de citronniers, de <em>tierso pelo</em> violets et <em>cempazúchitl</em> oranges – les fleurs traditionnelles du jour des morts. <em>« Les champs environnants,</em> raconte-t-il,<em> ont été semés par les étudiants de première année. Beaucoup d’entre eux ont disparu. »</em> Sur un mur orné d’un portrait d’Emiliano Zapata reposent un vieux tracteur et des brouettes couverts par la rouille.<em> « L’école abrite 510 élèves. Tous sont des fils de paysans. L’école est gratuite. Nous recevons une bourse de 38 pesos (2,25 euros) par mois. Mais elle manque de moyens »</em>, dit-il en montrant les dortoirs vétustes où des matelas nus sont assemblés sur le sol. <em>« Là où nous allons enseigner, dans les villages, ce sont les communautés qui nous nourrissent. Chaque jour à tour de rôle, un enfant nous amène à manger. »</em></p>
<p>Les fresques de figures révolutionnaires sur les murs témoignent de l’héritage militant de l’école. Pueblita poursuit fièrement :</p>
<blockquote><p>« Ici plus qu’ailleurs, on nous apprend à exiger nos droits de citoyens. Dans les autres écoles, on n’apprend pas cela. L’article 6 de la Constitution mexicaine donne le droit à tout citoyen de manifester. L’article 3 mentionne que l’éducation doit être laïque et gratuite. C’est pour cela que nous manifestons. »</p></blockquote>
<p class="rightGreyBG">Les articles de la <a title="Le texte de la Constitution Mexiacaine" href="http://www.juridicas.unam.mx/infjur/leg/constmex/pdf/constfra.pdf" target="_blank">Constitution Mexicaine</a>, traduits en français</p>
<p>Ce 26 septembre, cent quarante-trois étudiants de première année d’Ayotzinapa étaient partis à Iguala pour récolter de l’argent afin de se rendre à la capitale pour commémorer le massacre du 2 octobre 1968, où plusieurs centaines d’étudiants contestataires tombèrent sous les balles de la police et de milices dans le quartier de Tlatelolco. C’est sur le retour que les bus qui transportaient les étudiants ont été pris pour cible par les policiers municipaux.</p>
			<div id="chapter-unique-394-26"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Que s’est-il passé ?">
						<span>Que s’est-il passé ?</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>José, un jeune homme de 19 ans habillé de jeans et d’un t-shirt rouge délavé, raconte, les yeux embués d’images qu’il n’oubliera jamais :</p>
			<div id="aesop-quote-component-394-6"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-center  aesop-quote-type-block    " style="background-color:#282828;color:#ffffff;height:auto;width:100%;">

									<!-- Aesop Core | Quote -->
					<script>
						jQuery(document).ready(function($){

							var moving 		= $('#aesop-quote-component-394-6 blockquote'),
								component   = $('#aesop-quote-component-394-6');

							// if parallax is on and we're not on mobile
							
								moving.waypoint({
									offset: '90%',
									handler: function(direction){
								   		$(this).toggleClass('aesop-quote-faded');

								   	}
								});

							
						});
					</script>

				
				<blockquote class="aesop-component-align-center" style="font-size:2em;">
					<span>&lt;em&gt;À la sortie d’Iguala, la patrouille nous a fait descendre, nous a immédiatement visés et a commencé à tirer. Nous avons couru comme nous avons pu. La police municipale bloquait toutes les routes. Une vingtaine d’entre nous a grimpé sur une colline qui était habitée. Nous avons encore entendu tirer. Une dame a crié “Laissez-les tranquilles !”. Nous avons frappé à sa porte, “Tia, laissez nous entrer s’il vous plaît !”. Elle a accepté de nous héberger pour la nuit. Nous avons essayé de nous reposer, mais c’était impossible.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Vers 4 ou 5 heures, nous avons quitté la maison après avoir remercié cette dame en l’embrassant. Comment pouvions-nous la remercier autrement ?&lt;/em&gt;</span>

					<cite class="aesop-quote-component-cite">José</cite>				</blockquote>

				
			</div>
		
<p>Le groupe a pu contacter et rejoindre d’autres compagnons, réfugiés auprès de la police fédérale. <em>« Les fédéraux qui sont venus nous chercher tremblaient. Eux aussi avaient peur, se souvient le jeune homme. On nous a informés qu’il y avait un corps qu’il fallait aller reconnaître. Ce qu’ils lui avaient fait n’est pas humain. Ils l’avaient dépecé. Le corps portait des ecchymoses, des traces de coups. Nous l’avons reconnu par ses vêtements. C’était le compagnon Chilango. »</em> Le regard de l’étudiant s’assombrit encore. <em>« Sur les vingt gars de mon dortoir, dix ont disparu, dix sont revenus. Nous étions trois amis d’enfance, Ernesto, Angel et moi. Jamais nous ne nous séparions. Aucun des deux n’est revenu. Que s’est-il passé ? » </em></p>
<p>Le maire d’Iguala, José Luis Abarca, et son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, qui donnait alors une fête de charité, sont accusés d’avoir ordonné l’attaque et la livraison des étudiants au cartel narcotrafiquant des Guerreros unidos. Le 27e Bataillon d’infanterie de l’armée se trouvait proche du lieu de l’attaque mais n’a rien fait pour venir en aide aux étudiants. Son commandant, José Rodríguez Pérez, faisait partie des convives de la fête. À Iguala, l’armée est également accusée de la disparition de six jeunes gens en mai 2010. Une enquête menée  avec le soutien du Programme de journalisme d&rsquo;investigation de l&rsquo;université de Berkeley sur la base de déclarations judiciaires, de vidéos prises par téléphones portables le soir de l&rsquo;attaque et de témoignages &#8211;  <a title="L'enquête du journal Proceso" href="http://www.proceso.com.mx/?p=390560" target="_blank">publiée</a> par le journal <i>Proceso </i>- met en cause directement la police fédérale et l&rsquo;armée. Des documents cités par le journal montrent que les étudiants étaient suivis par les forces de l&rsquo;ordre ce jour-là. L&rsquo;attaque aurait eu pour intention de viser des éléments du Comité de Lucha Estudiantil (l&rsquo;organe de décision de l&rsquo;école) et des &laquo;&nbsp;activistes politiques en formation&nbsp;&raquo; du Comité d&rsquo;orientation politique et idéologique (COPI) d&rsquo;Ayotzinapa. La CNDH (Comission nationale des droits humains) a demandé une enquête approfondie.</p>
<p>Derrière l’étudiant, sur le mur rouge de la Maison du militant du 12 décembre, avec les portraits de Staline, de Guevara et du guérilléro mexicain Lucio Cabañas sont inscrits ces mots calligraphiés :</p>
<blockquote><p>« À nos compagnons tombés. Nous ne les avons pas enterrés, nous les avons semés, pour que fleurisse la liberté. »</p></blockquote>
<p>Le 12 décembre 2011, deux étudiants d’Ayotzinapa avaient été abattus par la police sur l’autoroute du Soleil, qui relie Iguala à la capitale, alors qu’ils manifestaient dans le but de demander plus de moyens pour l’école.</p>
		<div id="aesop-image-component-394-16"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-center aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2014/12/IMG_6466.jpg" title="Un étudiant de l'école d'Ayotzinapa devant la Maison du militant du 12 décembre  © Heriberto Paredes, Agencia Subversiones">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2014/12/IMG_6466.jpg" alt="Un étudiant de l&#039;école d&#039;Ayotzinapa devant la Maison du militant du 12 décembre  © Heriberto Paredes, Agencia Subversiones">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Un étudiant de l'école d'Ayotzinapa devant la Maison du militant du 12 décembre  © Heriberto Paredes, Agencia Subversiones
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		

			<div id="chapter-unique-394-27"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="La légende noire des écoles rurales">
						<span>La légende noire des écoles rurales</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p class="rightGreyBG">Le <em>Parti des pauvres</em> est né après un massacre collectif dans une école primaire du village d’Atoyac en 1967 et regroupait des petits paysans. Lucio Cabañas est tombé sous les balles de l&rsquo;armée en 1974, lors d&rsquo;une embuscade. Les compagnons de Cabañas ont été traqués pendant plusieurs décennies, presque tous ont été tués ou ont disparu. Selon une liste établie par la Commission nationale des droits humains (CNDH), au moins trois cents personnes ont disparu pendant la &laquo;&nbsp;guerre sale&nbsp;&raquo; rien qu’à Atoyac, mais ce nombre pourrait s&rsquo;élever à plus de six cents selon les habitant.</p>
<p>Tanalis Padilla, historienne au Dartmouth College, aux États-Unis, et spécialiste des mouvements révolutionnaires paysans, rappelle que, par le passé, les étudiants des écoles normales rurales ont constamment été visés par les autorités. <em>« Ces écoles nées en 1935 dans un contexte socialiste,</em> précise-t-elle, <em>sont héritières des principes de la révolution établis sous le gouvernement de Lázaro Cárdenas, qui a amorcé à cette époque les réformes agraires et éducatives. L’éducation rurale était l’une des priorités du gouvernement, notamment pour que les enseignants implantés dans les communautés aident les paysans à réclamer les Ejidos communautaires (terres communales). »</em> Les écoles normales rurales, construites pour la plupart sur des haciendas expropriées, sont organisées en structures coopératives, selon le principe d’autosuffisance et d’autogouvernance, et forment ensemble les futurs enseignants et les paysans qui seront des organisateurs communautaires et des guides de la révolution. Les gouvernements suivants, qui ont vidé les réformes de leur contenu révolutionnaire et transformé le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) en régime dictatorial au service de l’oligarchie, ont tout fait pour « mater » ces écoles. En mars 1968, le journal El Universal publiait une déclaration de la Confédération de la jeunesse du Mexique, organisation liée au PRI, affirmant que : <em>« Les écoles normales rurales, contaminées par des sentiments anti-patriotiques, devraient être fermées. Elles sont devenues le centre de l’agitation politique et il est trop coûteux d’entretenir ces institutions parasites »</em>. En 1969, le président Gustavo Diaz Ordaz ordonne la fermeture de 14 des 29 écoles rurales, qu’il considère comme des « nids de communistes », et ouvre une période de criminalisation systématique des étudiants, la « guerra sucia » (la « guerre sale »), au cours de laquelle les militaires mexicains eurent recours aux disparitions forcées et à la torture pour réprimer les mouvements d’opposition.</p>
				<aside id="aesop-character-component-394-1"  class="aesop-character-component aesop-component aesop-component-align-left ">

					
					<div class="aesop-character-inner aesop-content">
						<div class="aesop-character-float aesop-character-left" >

							
							
															<img class="aesop-character-avatar" src="/wp-content/uploads/2014/12/acredit-biarritz-001.jpg" alt="acredit-biarritz-001">
							
							
															<p class="aesop-character-cap">Françoise Escarpit, journaliste, correspondante au Mexique pendant de nombreuses années, parle des écoles normales rurales et des raisons de leur stigmatisation.</p>
							
							
						</div>
					</div>

					
				</aside>
			
<aside id="aesop-audio-394-5"  class="aesop-component aesop-audio-component " >

			<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-394-5" preload="none" style="width: 100%; visibility: hidden;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="/wp-content/uploads/2014/12/Escarpit_1.mp3?_=5" /><a href="/wp-content/uploads/2014/12/Escarpit_1.mp3">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/12/Escarpit_1.mp3</a></audio></aside>
<p>À cette époque, l’État de Guerrero est le théâtre d’une révolte civique à laquelle le gouvernement fédéral répond par la force, notamment lors des massacres de Chilpancingo, en 1960, et d’Iguala, en 1962. Par la suite, l’organe de coordination des écoles normales rurales, la <a title="FECSM" href="https://www.facebook.com/FECSM" target="_blank">Federación de Estudiantes Campesinos Socialistas de México</a> (FECSM), se radicalise avec les mouvements étudiants. Lucio Cabañas, professeur, ancien élève d’Ayotzinapa et fondateur du Parti des pauvres, qui est à la tête du FECSM de 1963 à 1965, marque la nécessité de passer à la révolte armée. Il tombe sous les balles de l’armée en 1974, il y a tout juste 40 ans. En 1994, au moment où l’Armée zapatiste de libération nationale entre en insurrection au Chiapas, une nouvelle rébellion paysanne éclate au Guerrero. Elle est écrasée dans le sang le 28 juin 1995, à Aguas blancas, où dix-sept paysans membres de l’Organización Campesina de la Sierra del Sur (OCSS) trouvent la mort et vingt-et-un autres sont blessés.</p>
<p class="rightGreyBG">En 1994, le Mexique a signé avec les États-Unis et le Canada l’Accord de libre échange nord-américain (Alena).</p>
<p>L’attaque d’Iguala et la découverte de fosses communes dans l’État de Guerrero rappellent les pires heures de la répression. Depuis l’arrivée du Parti de la révolution démocratique (PRD) au pouvoir, en 2005, sept cents personnes ont été déclarées disparues au Guerrero, plus que pendant les dix années qu’a durées la « guerre sale ». « <em>Au Mexique on ne tue pas seulement des délinquants, mais aussi des leaders sociaux</em>, affirme Tanalis Padilla<em>. Cette criminalisation de la part d’un pouvoir dont on ne sait pas où se termine le gouvernement et où commence le narcoétat continue, alors que la pauvreté s’est accentuée au Mexique avec le traité de libre échange de 1994</em> <em>mais aussi la privatisation des terres communales. Le gouvernement mexicain impose des réformes structurelles libérales au nom d’un projet de modernisation, d’efficacité, de mondialisation. Les écoles normales rurales ne rentrent pas dans ce projet.</em> »</p>
	    <div id="aesop-video-394-11"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-hidden   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-394-11 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/7M659TTxC_I?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-center" style=max-width:100%;>Silvia Mendez, administratrice du Centre des droits de l’Homme Paso del Norte à Ciudad Juarez. vidéo : Edouard de la Rochefordière, Jonathan Vaudey</div>		</div>

		
			<div id="chapter-unique-394-28"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="« Au Mexique, il est plus dangereux d’être étudiant que délinquant »">
						<span>« Au Mexique, il est plus dangereux d’être étudiant que délinquant »</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Partout, « Les 43 » sont devenus le symbole d’une immense colère devant la violence qui touche toute la population mexicaine, et d’un appel au changement. Les slogans « <em>Pas un disparu de plus</em> »<em>, </em>« <em>Je suis fatigué d’avoir peur</em> », « <em>Qu’ils s’en aillent tous !</em> » ou encore « <em>L’État est mort</em> » sont repris sans relâche dans tous les États du Mexique. Dans les grandes villes, les 43 ont mobilisé un mouvement étudiant sans précédent. Les manifestations ont culminé le 20 novembre, jour de la révolution mexicaine, où, pour la première fois, le défilé militaire de la place du Zocalo, à Mexico, a laissé place à des dizaines de milliers de personnes manifestant leur solidarité avec les étudiants d’Ayotzinapa, appelant à la démission du président. « <em>Au Mexique, il est plus dangereux d’être étudiant que délinquant</em> »<em>, </em>affichait une banderole. Une jeune fille présentait silencieusement une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « <em>Mexique, ne meure pas. Mexique, ne me tue pas</em> ».</p>
<p>La lenteur, les silences et les contradictions de l’enquête ont suscité l’ire des Mexicains contre le gouvernement. Le président M. Enrique Peña Nieto, qui a attendu plus de deux mois pour se rendre dans l’Etat de Guerrero, avait préféré se rendre en Chine pour un voyage d’affaire au plus fort de la crise. Le pays lui reproche de privilégier les impératifs économiques à ceux de la sécurité des Mexicains. Alors que le parti au pouvoir se défausse sur le crime organisé et le parti d’opposition (PRD), dont fait partie le maire d’Iguala José Luis Abarca, Human Rights Watch <a title="Mexico: Delays, Cover-Up Mar Atrocities Response" href="http://www.hrw.org/news/2014/11/07/mexico-delays-cover-mar-atrocities-response" target="_blank">rappelle</a> que le gouvernement avait été informé par des organisations civiles des liens du maire et son épouse avec le cartel narcotrafiquant des Guerreros unidos. Abarca, qui apparaît dans une photo largement relayée dans les médias aux côtés du président, avait été courtisé par les deux partis, le PRD et le PRI, lors des élections municipales de juin 2012. Le PRD, qui représentait une opposition crédible lors des élections (aux résultats contestés) de 2012, est aujourd’hui en pleine désintégration : Abarca incarcéré, le gouverneur de Guerrero, Angel Aguirre, ainsi que le fondateur du parti, Cuauhtémoc Cárdenas, ont démissionné.</p>
<p>Le retour du PRI au pouvoir en 2012 avec l’élection de M. Peña Nieto avait suscité l’espoir de mettre fin à la guerre sans issue menée par son prédécesseur contre les cartels narcotrafiquants, qui a laissé près de 80 000 morts et 22 000 disparus. Les événements d’Iguala valent constat d’échec. Pire encore, ils marquent une nouvelle étape dans la montée de la violence et de la corruption, en apportant la preuve que les criminels du Narco assassinent de la main même de l’Etat. Selon Edgardo Buscaglia, spécialiste de la lutte contre le crime organisé, plus de 77% des municipalités sont infiltrés par les groupes narcotraficants. <em>« Dans ce pays, la violence n’est pas un cancer, c’est un virus qui agit comme le sida, il tue toutes les défenses immunitaires. Si le Mexique est dans cet Etat, c’est parce qu’on a éliminé les défenses de la société civile »</em> analyse Ivan, professeur de philosophie à l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM).</p>
		<div id="aesop-image-component-394-17"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-left aesop-image-component-caption-center" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2014/12/IMG_6548.jpg" title="Depuis l’arrivée du Parti de la révolution démocratique (PRD) au pouvoir, en 2005, sept cents personnes ont été déclarées disparues au Guerrero  © Heriberto Paredes, Agencia Subversiones">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2014/12/IMG_6548.jpg" alt="Depuis l’arrivée du Parti de la révolution démocratique (PRD) au pouvoir, en 2005, sept cents personnes ont été déclarées disparues au Guerrero  © Heriberto Paredes, Agencia Subversiones">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Depuis l’arrivée du Parti de la révolution démocratique (PRD) au pouvoir, en 2005, sept cents personnes ont été déclarées disparues au Guerrero  © Heriberto Paredes, Agencia Subversiones
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		

<p>Le gouvernement a perdu la confiance de ses citoyens pour faire la lumière sur les crimes. Selon le ministre de la justice Jesús Murillo Karam, l’identification (le 6 décembre) des restes d’Alexander Mora Venancio, l’un des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, par l’équipe indépendante de scientifiques argentins confirme la thèse officielle selon laquelle les étudiants ont été livrés par la police municipale à un cartel de narcotrafiquants – les Guerreros unidos – qui les aurait exécutés puis brûlés sur un bûcher pendant plus de 9 heures dans une décharge près de Cocula, à quelques kilomètres d’Iguala, avant de disperser leurs cendres dans une rivière. Cependant, outre les témoignages discordants des habitants des environs qui affirment ne pas avoir vu de bûcher durant cette nuit pluvieuse, le fait que les restes aient été trouvés par la police fédérale à quelques mètres de la première fosse découverte plus de deux mois auparavant par les mêmes agents suscite la perplexité. Les experts argentins ont d’ailleurs précisé que si les fragments d’os analysés sont bien ceux du jeune étudiant, ils ne peuvent garantir que ceux-ci proviennent des fosses indiqués par le gouvernement. Les médecins légistes sont issus de l’Equipe argentine d’anthropologie médicolégale (EAAF) – crée en 1984 pour appuyer les Mères de la place de  mai dans la recherche des milliers de disparus sous la dictature argentine (1976-1983). Leur expertise, mondialement reconnue, s’est exercée dans de nombreux contextes de disparition forcée de citoyens – en Argentine, en Bosnie, en Haïti ou encore au Congo… l’équipe est  déjà intervenue à plusieurs reprises au Mexique, la première fois en 1993 pour enquêter sur la disparition de femmes à Ciudad Juarez.</p>
<p>À Guerrero, la contestation a pris un tour radical. Après le blocage pacifique des stations de télévision et de radio, des autoroutes, des centres commerciaux et des aéroports, les manifestants ont incendié les symboles du pouvoir : la mairie d’Iguala, les sièges des grands partis et la maison du gouverneur. Les enseignants en grève de la Coordinadora Estatal de Trabajadores de la Educacion de Guerrero (Ceteg) occupent la place de Chilpancingo, la capitale de l’État, et tentent d’occuper les mairies. Un scénario qui rappelle l’insurrection autonomiste du Chiapas en 1994 et celle d’Oaxaca en 2006. Les insurgés des deux Etats ont manifesté leur solidarité avec les victimes de Guerrero. Des organisations guérilléras – l’Ejército Popular Revolucionario (EPR) et l’Ejercito Revolucionario del Pueblo Insurgente (ERPI) – silencieuses depuis plusieurs années, ont émis des messages de soutien aux étudiants et de dénonciation des crimes d’Etat. Les autorités ont manifesté leur inquiétude d’une réactivation de la lutte armée au Guerrero.</p>
<div id="aesop-gallery-431-4"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-thumbnail-gallery-wrap   "><div id="aesop-thumb-gallery-431" class="fotorama" 	data-transition="slide"
																			data-width=""
																			data-autoplay=&quot;4000&quot;																			data-keyboard="true"
																			data-nav=false																			data-allow-full-screen="native"
																			data-click="true"><img src="/wp-content/uploads/2014/12/fueragirl.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/hanged.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/che.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/acapulco.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/youngwomanflowers.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/pena-renuncia.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/linkedarmsmarching.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/incense.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/12/manlooksleft.jpg" data-caption="" alt=""></div><p class="aesop-component-caption">Photos  : Eva Munyiri</p></div>
			<div id="chapter-unique-394-29"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="« Le Mexique est une fosse clandestine »">
						<span>« Le Mexique est une fosse clandestine »</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>L’Etat, qui s’étend du Sud de Mexico au Pacifique, compte l’une des populations les plus pauvres du Mexique, et abrite en sous sol les plus grandes mines d’or d’Amérique latine, et dans ses fertiles vallées, pourtant fortement militarisées, les plus vastes champs d’amapolas du pays – les fleurs rouge vif dont on extrait la précieuse sève servant à produire l’héroïne et l’opium destinés au voisin du nord. La disparition des étudiants d’Iguala a levé le voile sur un sordide système de disparition forcée, qui maintient depuis plusieurs années la population dans la terreur. A Iguala, les voix brisent peu à peu la loi du silence. Les organisations d’autodéfense communautaire – la CRAC et l’UPOEG – continuent d’exhumer avec les familles des fosses jonchées d’ossements.</p>
<p><em>« Tout Mexico est une fosse clandestine »</em>, se désole le prêtre Alejandro Solalinde, inlassable défenseur des droits humains qui dirige l’Auberge pour les migrants des frères en marche, basée à Ixtepec dans l’État d’Oaxaca, <em>« devant un narcoétat qui ne gouverne pas mais administre en faveur du néolibéralisme et punit la dissidence », les manifestations sont un « signe des temps »</em>, <em>« une preuve irréfutable de la nécessité d’un changement »</em>.</p>
<p>Gabriel, étudiant de dernière année à Ayotzinapa, confirme : <em>« Les écoles rurales dérangent l’État parce qu’elles forment politiquement leurs étudiants. Mais les étudiants se sont toujours battus. Cette fois, nous disposons d’une solidarité internationale qui nous donne de la force. Nous voulons conscientiser la population, pour en finir avec la violence.</em></p>
<blockquote><p>« Nous voulons que l’éducation change dans le pays, parce que le pays ne pourra changer que si l’on change l’éducation. »</p></blockquote>
	    	<script>
		    	jQuery(document).ready(function($){
		    		$('#aesop-video-394-12').arrive('.mejs-video', function(){
						$('#aesop-video-394-12').waypoint({
							offset: 'bottom-in-view',
							handler: function(direction){
						   		$('#aesop-video-394-12 .mejs-playpause-button button').trigger('click');
						   	}
						});
											});
		    	});
	    	</script>
    		    <div id="aesop-video-394-12"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-hidden   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-394-12 aesop-component-align-center self" style=max-width:100%; >

				<div style="width: 640px; height: 360px; " class="wp-video"><video class="wp-video-shortcode" id="video-394-3" width="640" height="360" loop="1" preload="metadata" controls="controls"><source type="video/mp4" src="/wp-content/uploads/2014/12/musiciansmarcha.mp4?_=3" /><a href="/wp-content/uploads/2014/12/musiciansmarcha.mp4">http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/12/musiciansmarcha.mp4</a></video></div>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-center" style=max-width:100%;>vidéo : Eva Munyiri </div>		</div>

		
<p>Benjamin Fernandez – Journaliste<br />
<a title="Heriberto Paredes (Subervsiones)" href="http://subversiones.org/archivos/author/beto" target="_blank">Heriberto Paredes  (Agencia Subversiones)</a> &#8211; Photographe</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/mexique-la-repression-des-ecoles-rurales/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/12/count1.mp4" length="18239128" type="video/mp4" />
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/12/Escarpit_1.mp3" length="684840" type="audio/mpeg" />
<enclosure url="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/12/musiciansmarcha.mp4" length="12679303" type="video/mp4" />
		</item>
		<item>
		<title>La terre, un actif toujours en hausse</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/la-terre-un-actif-toujours-en-hausse/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/la-terre-un-actif-toujours-en-hausse/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2014 07:30:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Chibani-Jacquot]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=331</guid>
		<description><![CDATA[En 2008, éclatait à la une des médias le scandale des accaparements de terres par des entreprises multinationales. Six ans plus tard, loin de ralentir, le phénomène s’installe dans le paysage d’une agriculture devenue valeur refuge et de plus en plus sollicitée pour alimenter les appétits en agrocarburants ou huile de palme. État des lieux. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>En 2008, éclatait à la une des médias le scandale des accaparements de terres par des entreprises multinationales. Six ans plus tard, loin de ralentir, le phénomène s’installe dans le paysage d’une agriculture devenue valeur refuge et de plus en plus sollicitée pour alimenter les appétits en agrocarburants ou huile de palme. État des lieux.</h4>
<p>« <em>L’accaparement des terres continue et les techniques sont de plus en plus sophistiquées</em> », résume Renée Vellvé, de <a title="Grain" href="http://www.grain.org/fr" target="_blank">Grain</a>, une ONG qui, dès 2008, révélait au grand public l’ampleur de l’accaparement des terres agricoles par des intérêts financiers dans un rapport intitulé <em>Main basse sur les terres agricoles</em>. Aucun continent n&rsquo;était épargné par cette stratégie : de nombreux pays d’Afrique (Algérie, Angola, Egypte, Ethiopie, Kenya, Madagascar, Sénégal, Soudan, Sénégal, Tanzanie), d’Asie du Sud-est (Bangladesh, Cambodge, Indonésie, Laos, Philippines, Vietnam), d’Amérique latine (Brésil, Cuba, Mexique) mais aussi les Etats-Unis ou encore l’Australie. Comme l&rsquo;a documenté le photoreporter Philippe Revelli dans <a title="Terres, Philippe Revelli" href="http://philipperevelli.com/terres/" target="_blank">Terres</a>, un cycle de documentaires consacrés au sujet, au Mali, des accords portant sur plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres agricoles de l’Office du Niger avaient été signés entre le gouvernement et des investisseurs privés ou publics. La Libye était alors l’un des premiers pays à proposer ses services, avec <a title="Investisseurs libyens, paysans maliens - Le Monde Diplomatique, septembre 2011" href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/ADAMCZEWSKI/20937" target="_blank">le projet Malibya</a>. Mal informée et rarement consultée, la population subissait les conséquences des grandes manœuvres foncières. Six ans plus tard, en 2014, la dizaine de personnes qui compose l’équipe de Grain continue de compiler et d’analyser le phénomène qui, loin de se ralentir, s’organise pour durer.</p>
<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-331-4').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-331-4" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-331-4"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">Main basse sur les terres agricoles, le rapport publié par Grain en 2008</div></a><div id="aesop-doc-collapse-331-4" style="display:none;" class="aesop-content"><object class="aesop-pdf" data="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/11/grain-140-main-basse-sur-les-terres-agricoles-en-pleine-crise-alimentaire-et-financiere.pdf" type="application/pdf" ></object></div></aside>
<p>L’achat de terres arables à coup de dizaines de milliers d’hectares par des multinationales ou des fonds d’investissement se multiplie sur tous les continents. Au Sénégal, l’entreprise Senhuile SA, aux capitaux italiens, brésiliens et sénégalais, a obtenu du gouvernement une concession de 20 000 hectares afin de produire des agrocarburants. En Éthiopie, un des pays les plus touchés par ces pratiques, le leader mondial de la rose coupée, l’indien Karuturi Global, exploite 100 000 hectares et comptait s’étendre sur 300 000 hectares pour élargir sa production aux denrées alimentaires. Selon l’observatoire d’acquisition des terres <a title="Land Matrix" href="http://www.landmatrix.org" target="_blank">Land Matrix</a>, 37 millions d’hectares de terres auraient ainsi été captées dans le cadre d’un millier de transactions. Un chiffre indicatif, et peut-être loin de la réalité, car Land Matrix « <em>ne prend en compte que les opérations signalées depuis 2000, sur des superficies de 200 hectares ou plus (…) et ne publie que les cas dont il a eu connaissance et qu’il a pu vérifier</em> », explique Michel Merlet, de l’association <a title="Agter" href="http://www.agter.asso.fr" target="_blank">Agter</a>.</p>
<p><a title="Landmatrix" href="http://www.landmatrix.org" target="_blank"> </a></p>
<div id="aesop-gallery-353-5"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/11/landmatrix3.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/11/landmatrix2.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/11/landmatrix1.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	<p class="aesop-component-caption">Selon Land Matrix, 37 millions d’hectares de terres auraient été captées dans le cadre d’un millier de transactions.</p></div>
<p>Pourquoi un tel engouement pour la terre agricole ? Les motivations identifiées en 2008 n’ont pas changé. « <em>Avec la crise des subprimes, les investisseurs cherchaient un nouvel actif où placer leur argent. Ils découvrent alors que la terre est un bien immobilier d’avenir. Sa valeur intrinsèque est censée croître inévitablement et, en plus, il est imaginable d’y réaliser une production sur laquelle les marges peuvent être substantielles !</em> », explique Renée Vellvé. La flambée des prix des denrées alimentaires et le constat d’une hausse inéluctable de la population mondiale finiront de convaincre les investisseurs. Mais suite aux mobilisations sociales et à la médiatisation de quelques cas emblématiques, comme la tentative d’achat de 1,5 million d’hectares par l’entreprise sud-coréenne <a title="Foncièrement scandaleux ?" href="https://altermondes.org/accaparement-des-terres-foncierement-scandaleux/" target="_blank">Daewoo à Madagascar</a>, en 2008, « <em>certains investisseurs ont eu peur et des projets ont été abandonnés. Mais la tendance s’est maintenue et les modes d’appropriation ont évolué. Plutôt que d’acheter directement la terre, les investisseurs passent par la prise de participation dans des sociétés locales ou par la signature d’un contrat de production avec l’exploitant. Mais le résultat est le même car c’est l’investisseur qui contrôle la terre</em> », continue-t-elle.</p>
<p>Les Etats ne sont pas en reste pour soutenir ces nouvelles formes d&rsquo;investissements qui se font à l&rsquo;encontre des intérêts des populations. Il y a deux ans, le G8 lançait la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (NASAN), dans le but affiché d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition et aider quelques 50 millions de personnes en Afrique subsaharienne à sortir de la pauvreté d’ici à 2022, en «<em> libérant le pouvoir du secteur privé</em> ». Dans <em>La faim un business comme un autre. Comment la Nouvelle Alliance du G8 menace la sécurité alimentaire en Afrique</em>, un rapport accablant publié en septembre dernier par <a title="Action contre la faim" href="http://www.actioncontrelafaim.org" target="_blank">Action contre la faim</a>, le <a title="CCFD-Terre Solidaire" href="http://ccfd-terresolidaire.org/" target="_blank">CCFD-Terre Solidaire</a> et <a title="Oxfam France" href="http://www.oxfamfrance.org" target="_blank">Oxfam France</a>, l’opacité de cette initiative et son impact sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations sont clairement dénoncés.</p>
<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-331-5').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-331-5" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-331-5"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">La faim un business comme un autre. Comment la Nouvelle Alliance du G8 menace la sécurité alimentaire en Afrique. Rapport d&#039;Oxfam, ACF et CCFD - Terre solidaire, octobre 2014</div></a><div id="aesop-doc-collapse-331-5" style="display:none;" class="aesop-content"><object class="aesop-pdf" data="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/11/rapport_nasan_final.pdf" type="application/pdf" ></object></div></aside>

<p>« <em>Derrière ses ambitions affichées de lutter contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la malnutrition en Afrique, le G8 déroule en réalité le tapis rouge aux investisseurs internationaux</em>, explique Clara Jamart d’Oxfam France.<em> D’ailleurs de nombreux pays africains parmi les plus gravement affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont laissés en dehors de cette initiative. Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissances et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité </em>». Certains pays comme l’Argentine et le Brésil se méfient des manoeuvres en cours. Ils ont récemment changé leurs lois et « <em>se sont investis du rôle de sauveur en interdisant l’acquisition de terres par des intérêts étrangers, mais en autorisant la location. Ce type de réglementation aboutit finalement à la sécurisation juridique des activités foncières des investisseurs mais ne permet pas de les réguler</em> », estime Renée Vellvé. Et le phénomène ne concerne plus seulement les pays du Sud. Désormais, les terres agricoles européennes aussi suscitent les convoitises des investisseurs. En Roumanie, par exemple, la banque néerlandaise Rabobank fait partie des principaux acheteurs de terres arables.</p>
		<div  class="aesop-component aesop-content-component   " style="" >

			
			<div id="aesop-content-component-331-4" class="aesop-content-comp-wrap aesop-content-comp-columns-3 " style="color:#ffffff;background-color:#333333;">

				
				<div class="aesop-component-content-data aesop-content-comp-inner " style="max-width:100%;margin-left:auto;margin-right:auto;">

					
						<p><strong>Questions à </strong><strong>Attila Szocs, chargé de campagne pour Ecoruralis, ONG de soutien à l’agriculture paysanne et biologique en Roumanie.</strong></p>
<p><strong>À qui appartiennent les terres agricoles en Roumanie aujourd’hui ?</strong></p>
<p><strong>Attila Szocs : </strong>Après la faillite du communisme, en 1989, la majorité des terres appartenait à l’État. Sur les quatorze millions d’hectares de terres arables et de pâturages, cinq ont été redistribués aux petits producteurs. Aujourd’hui, selon nos informations, plus d’un million d’hectares de terre a été vendu à des compagnies multinationales de la péninsule Arabique et d’Europe de l’Ouest, ces dernières transactions s’inscrivant dans le cadre du marché unique européen. On trouve des banques (Rabobank, Deutsche Bank), des assureurs (Generali), des fonds de pension ou des plus petites entreprises. Rabobank, par exemple, a acheté plus de 15 000 hectares qui sont loués à des entreprises locales ou des compagnies internationales. Certains investisseurs réservent aussi une partie des terres pour l’exportation, notamment dans la région de Constanta, dans le sud-est de la Roumanie, où se trouve le principal port de transit vers les pays arabes.</p>
<p><strong>La politique agricole commune est-elle un frein ou un soutien à cette appropriation des terres ?</strong></p>
<p><strong>A.S. : </strong>C’est un soutien ! La Roumanie reçoit de gros financements européens. Et le calcul est simple : plus vous possédez de terres, plus les aides que vous touchez sont importantes. Près de 80 % des entreprises qui reçoivent les aides au développement rural sont des entreprises internationales ou bien enregistrées en Roumanie, mais à capitaux étrangers. Hormis certaines régions, comme le sud-est de la Roumanie, où des paysans souhaitent développer une agriculture alternative, bio, avec des circuits courts, et s’élèvent contre ces acquisitions massives, la plupart des gens ne sait pas qui achète les terres, car il n’y a aucune transparence et la corruption est monnaie courante. Nous essayons de créer les conditions de la transparence en publiant des articles et de l’information accessible au plus grand nombre. Nous tentons aussi de faciliter l’accès à la terre pour de jeunes agriculteurs issus des populations locales.</p>

					
				</div>

				
			</div>

			
				</div>
			
<div id="attachment_361" style="width: 273px" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2014/11/attilaszocsphoto.jpg"><img class="wp-image-361 size-full" src="/wp-content/uploads/2014/11/attilaszocsphoto.jpg" alt="Attila Szocs" width="263" height="207" /></a><p class="wp-caption-text">Attila Szocs, chargé de campagne pour Ecoruralis, ONG de soutien à <br /> l’agriculture paysanne et biologique en Roumanie.</p></div>
			<div id="chapter-unique-331-30"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Plus dure sera la chute">
						<span>Plus dure sera la chute</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>La géographie de l&rsquo;accaparement des terres se diversifie, le profil des entreprises impliquées aussi : des opérateurs de l’agroalimentaire mais aussi des multinationales venant du secteur de l’énergie sont attirés par le marché en pleine croissance des agrocarburants et bénéficient souvent de politiques de soutien à la filière. La société Senhuile, au Sénégal, avait obtenu en 2010 une concession de 20 000 hectares pour cultiver de la patate douce destinée à la production de bioéthanol. Le premier actionnaire de Senhuile SA est Tampieri, une holding familiale italienne de l’énergie qui détient 51 %. L’investissement de Tampieri a probablement été motivé par les incitations financières du gouvernement italien. Depuis 2007, l’Etat distribue une subvention publique pour créer des unités de production d’énergie à partir de biomasse (déchets verts et produits agricoles). Depuis cette date, une vingtaine d’entreprises a cherché des surfaces de culture, principalement en Afrique. Ce n’est qu’en 2011 que le critère de proximité a été inclus au cahier des charges, imposant que 30 % de la matière première soit cultivée à moins de 70 kilomètres du lieu de production de l’énergie. Et selon l’ONG italienne <a title="Re:Common" href="http://www.recommon.org/" target="_blank">Re:Common</a>, le contrôle de ce critère laisse à désirer.</p>
		<div id="aesop-image-component-331-18"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-left aesop-image-component-caption-right" style=max-width:300px;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2014/11/Whos-behind-Senhuile-ORIG-FR1.png" title="Qui est derrière Senhuile ? Un organigramme réalisé par Grain et Re:Common, publié en novembre 2013">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2014/11/Whos-behind-Senhuile-ORIG-FR1.png" alt="Whos-behind-Senhuile-ORIG-FR1">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Qui est derrière Senhuile ? Un organigramme réalisé par Grain et Re:Common, publié en novembre 2013
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-331-6').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-331-6" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-331-6"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">&lt;em&gt;Qui est derrière Senhiule ?&lt;/em&gt; Le rapport complet de Grain et Re:Common (novembre 2013)</div></a><div id="aesop-doc-collapse-331-6" style="display:none;" class="aesop-content"><object class="aesop-pdf" data="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/11/grain-4814-qui-est-derriere-senhuile-senethanol.pdf" type="application/pdf" ></object></div></aside>
<p>En matière d’énergie, c’est l’huile de palme qui suscite le plus de convoitises, à l’instar de la Socfin, filiale du Groupe Bolloré dont les plantations ont gagné 24 % en trois ans  pour atteindre près de 110 000 hectares en Afrique et en Asie (hévéa et palmier à huile). Au Guatemala, la fin de la guerre civile, en 1996, et le désenclavement routier progressif de zones situées au nord du pays, notamment la Franja Transversal del Norte, ont favorisé l’implantation des palmiers à huile par quelques propriétaires terriens du pays, soutenus par des investisseurs étrangers. Les plantations sont passées de 20 000 hectares en 2005 à plus de 100 000 aujourd’hui, selon AVSF et Aproba Sank, une ONG guatémaltèque qui accompagne les paysans pour préserver leurs terres. Siva Group, autre géant indien, serait impliqué sur « <em>près d’un million d’hectares en Amérique, en Afrique, en Asie, avec pour objectif principal de mettre en place des plantations de palmiers à huile</em> », peut-on lire dans une enquête publiée en octobre 2014 par Grain. Siva Group a été fondé par Chinnakannan Sivasankaran, qui a débuté sa fortune dans la téléphonie et l’Internet. Le groupe est aujourd’hui présent sur les secteurs du transport maritime, des mines, du gaz et des productions agricoles.</p>
<p><iframe src="https://mapsengine.google.com/map/u/1/embed?mid=zLqLySiAT0hA.kubLY5Fig5Sw" width="100%" height="480"></iframe></p>
<p>La montée en puissance de ces opérateurs économiques est tout aussi impressionnante que les chutes que certains subissent. En 2013, Karuturi Global, la multinationale indienne de la fleur coupée, a été poursuivie au Kenya pour fraude fiscale. Elle a dû vendre son exploitation de roses en Éthiopie et sa filiale néerlandaise de négoce a été déclarée en faillite en octobre 2014. Au Sénégal, le fondateur brésilien et directeur général de Senhuile, Benjamin Dummai, a été arrêté pour détournement de fonds en mai 2014.</p>
			<div id="chapter-unique-331-31"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Les populations ont des droits">
						<span>Les populations ont des droits</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Les principales victimes de cet accaparement restent les populations locales. <em>« </em><em>Ceux qui refusent de se retirer de leurs terres sont arrêtés et battus comme des criminels. Ceux qui ont vu leur plantations détruites ont touché au mieux 500 dollars d&rsquo;indemnisation pour une concession signée pour 50 ans ! »</em> résume Shiaka Sama, paysan de Sierra Leone, qui se bat contre le groupe Bolloré. L’homme, qui a déjà été arrêté dans son pays, participe à l’<em>Alliance internationale des riverains des plantations Bolloré-Socfin</em> qui regroupe des paysans de cinq pays (Cambodge, Cameroun, Côte d’Ivoire, Sierra Leone, Liberia) vivant tous la même situation : installation ou extension de plantations de Socfin sans concertation avec les populations locales, expulsion des paysans contestataires, répression policière, promesses non tenues comme la création de zones tampon entre les plantations et les zones d’agriculture vivrière, promesses d’emploi sans lendemain… Soutenus par l’association française <a title="ReAct" href="http://projet-react.org/" target="_blank">ReAct</a>, ces paysans sont parvenus à contraindre au dialogue le groupe Bolloré qui souhaite ménager son image. Une première réunion a eu lieu à Paris le 24 octobre 2014 entre les représentants de l’Alliance et la secrétaire générale adjointe du groupe, Marie-Anne Darmaillac. <em>« C’est une bonne nouvelle car cela signifie que nous passons progressivement du statut de criminel à celui de partie-prenante »</em>, estime Shiaka Sama.</p>
<p>Toutefois, le processus de dialogue sera long. Contrairement à ce qui était prévu, aucun représentant de Socfin n’a assisté à la rencontre du 24 octobre, permettant au groupe Bolloré de surseoir à tout engagement formel en attendant de consulter sa filiale. La manœuvre est relativement subtile car le groupe français  se donne le rôle de facilitateur du dialogue et non de véritable décisionnaire. Pourtant, le groupe français est le premier actionnaire de Socfin avec 38 % du capital.</p>
			<div id="chapter-unique-331-32"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Terres inexploitées mais pas inhabitées">
						<span>Terres inexploitées mais pas inhabitées</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p class="rightGreyBG">En France, il existe un Collectif citoyen contre l’accaparement des terres, fondé en 2010 autour de l’Association pour l’amélioration de la gouvernance de de la terre, de l’eau et des ressources naturelles (<a title="Agter" href="http://www.agter.asso.fr/" target="_blank">Agter</a>), le <a title="CCFD - Terre solidaire" href="http://ccfd-terresolidaire.org" target="_blank">CCFD-Terre Solidaire</a> et Agronomes et vétérinaires sans frontières (<a title="AVSF" href="http://www.avsf.org/" target="_blank">AVSF</a>).</p>
<p>Comme l’indique Michel Merlet, « <em>de grandes quantités de terres sont aujourd’hui sous-utilisées sur la planète, mais elles ne sont pas inhabitées et les populations ont des droits de différentes natures sur leurs ressources</em> ». La défense de ces droits et l’accompagnement des populations vers une plus grande autonomie économique sont longs mais certaines expériences démontrent que cela est possible. Entre 2006 et 2011, l’ONG Aproba Sank a ainsi accompagné, en partenariat avec AVSF, des communautés indigènes concernées par l’extension de la culture du palmier à huile sur leurs terres au Guatemala. La sécurisation juridique des droits fonciers de la communauté fut un premier combat, malgré la prééminence de la propriété individuelle. Mais cette sécurisation n’aurait pas été d’un grand secours si elle ne s’était accompagnée d’un travail sur la valorisation économique du territoire et l’augmentation des revenus des familles via des pratiques agroécologiques et la structuration locale de marchés paysans. AVSF tire un bilan très positif de cette expérience : <em>« En 2013, 330 familles venaient vendre plus de quatre-vingts produits différents sur ces marchés pour une valeur hebdomadaire de 98 000 quetzals (9 000 euros, ndlr), dynamisant ainsi l’économie du territoire et contribuant localement à la souveraineté alimentaire ».</em></p>
<p>Philippe Chibani-Jacquot &#8211; Journaliste</p>
<div id="attachment_366" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><a title="Marie Dorigny, Main basse sur la terre, MEP" href="http://www.mep-fr.org/evenement/marie-dorigny-prix-photo-afd-2013/" target="_blank"><img class="wp-image-366 size-large" src="/wp-content/uploads/2014/11/MD02-1024x686.jpg" alt="Marie Dorigny" width="1024" height="686" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Altermondes</em> est partenaire média de l&rsquo;exposition de la photographe Marie Dorigny <em>Main basse sur la terre,</em> présentée jusqu&rsquo;au 14 décembre 2014 à la <a title="Maison Européenne de la Photographie" href="http://www.mep-fr.org" target="_blank"><em>Maison Européenne de la Photographie</em></a>.</p></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/la-terre-un-actif-toujours-en-hausse/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Lampedusa : l&#8217;accueil et l&#8217;engagement [2ème partie]</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/lampedusa-laccueil-et-lengagement-2eme-partie/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/lampedusa-laccueil-et-lengagement-2eme-partie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Sep 2014 19:38:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Andrea Paracchini]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Lampedusa]]></category>
		<category><![CDATA[Mediterranée]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=202</guid>
		<description><![CDATA[Le 3 octobre 2013, 368 migrants périssaient dans le naufrage de leur embarcation au large de Lampedusa. L&#8217;île italienne et ses quelque 6000 habitants sont depuis devenus le symbole de l&#8217;accueil et de la solidarité, de l’engagement auprès des migrants en difficultés qui tentent de gagner l&#8217;Europe. Altermondes est parti sur cette île emblématique, à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Le 3 octobre 2013, 368 migrants périssaient dans le naufrage de leur embarcation au large de Lampedusa. L&rsquo;île italienne et ses quelque 6000 habitants sont depuis devenus le symbole de l&rsquo;accueil et de la solidarité, de l’engagement auprès des migrants en difficultés qui tentent de gagner l&rsquo;Europe. <em>Altermondes</em> est parti sur cette île emblématique, à la rencontre d’une population qui s&rsquo;est mobilisée face à l’inacceptable, et vous livre un reportage loin de tout angélisme.</h4>
			<div id="chapter-unique-202-33"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Un engagement de longue date">
						<span>Un engagement de longue date</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Nombre d’habitants de l’île ont été profondément marqués par ce qui s’est passé la nuit du 3 octobre 2013 et les jours suivants. Au total, 368 cadavres sont ramenés sur terre, dont plusieurs enfants.</p>
<h5 style="text-align: center;"><iframe src="//www.youtube.com/embed/h39VgmxXqfE" width="700" height="400" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe>Une journaliste tunisienne est allée à la rencontre des familles de certains jeunes naufragés qui avaient quitté la Tunisie au printemps 2011, direction Lampedusa.</h5>
<p>Leurs dépouilles resteront sur l’île pendant plusieurs jours, enfermées dans un hangar. « <i>Nous allions tous les jours à l’aéroport accueillir les parents des victimes qui venaient de partout en Europe. Rien n’avait été prévu</i> »<i>,</i> se rappelle, toujours troublée, Annalisa D’Ancona, du collectif Askavusa.</p>
<p>En 2009, ce collectif de vingt personnes avait été à l’origine d’un immense rassemblement devant les grillages du centre. Toute la population de Lampedusa avait participé, manifestant son opposition à la création d’un centre d’identification et d’expulsion de 10 000 places.</p>
<p><a title="Close the camps (Migreurope)" href="http://closethecamps.org/" target="_blank"> </a></p>
<div id="aesop-gallery-265-6"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/5©CamilleMillerand_IMG_4299.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Des touristes observent les opérations de débarquement  d'un groupe de migrants tunisiens.</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/closethatcamp21.png');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	</div>
			<div id="aesop-quote-component-202-7"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-&nbsp;&raquo;center&nbsp;&raquo;  aesop-quote-type-&nbsp;&raquo;pull&nbsp;&raquo;    " style="color:&nbsp;&raquo;#ffffff&nbsp;&raquo;;height:auto;width:100%;">

				
				<blockquote class="aesop-component-align-nbspraquocenternbspraquo" style="font-size:&nbsp;&raquo;2&Prime;em;">
					<span>&nbsp;&raquo;Frontex</span>

					<cite class="aesop-quote-component-cite">&nbsp;&raquo;Source</cite>				</blockquote>

				
			</div>
		
			<div id="aesop-quote-component-202-8"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-left  aesop-quote-type-pull    " style="color:#ffffff;height:auto;width:100%;">

				
				<blockquote class="aesop-component-align-left" style="font-size:2em;">
					<span>« La rhétorique de Lampedusa « île accueillante » éloigne le débat d’une vraie réflexion sur les causes des migrations »</span>

					<cite class="aesop-quote-component-cite">Giacomo Sferlazzo (Askavusa)</cite>				</blockquote>

				
			</div>
		

<p>Fin juillet, Giacomo Sferlazzo a adressé une lettre aux habitants des îles de Lampedusa et Linosa.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>« Pendant ces années, nos positions sur les migrations ont toujours été claires et parfois cause de conflit avec une partie des Lampedusains. Nous avons toujours été une minorité à tenir une approche de solidarité avec les migrants, même si, par la suite, nous avons vu beaucoup de personnes recevoir prix et honneurs, parler à la télé ou s&rsquo;agenouiller face au Pape [&#8230;] L&rsquo;une des positions les plus partagées était : &laquo;&nbsp;Ce qui compte, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne voit pas les migrants&nbsp;&raquo;. En effet, la télévision et les JT asservis au pouvoir ont amplifié ou déformé (en le vidant de toute référence politique) le comportement des gens, en construisant l&rsquo;image de l&rsquo;île de l&rsquo;accueil, utile au maintien du système, tout autant que l&rsquo;image de l&rsquo; &laquo;&nbsp;île envahie&nbsp;&raquo; en 2011.</em><br />
<em> Depuis un certain temps, nous disons que derrière les politiques de migrations se cachent des politiques militaires et que le plan de l&rsquo;Europe est de faire de Lampedusa une grande base militaire [&#8230;] Nous nous sommes toujours opposés au Muos (la grande base radar de la marine américaine en Sicile), non seulement parce qu&rsquo;elle nuit à la santé de milliers de personnes mais parce qu&rsquo;elle est un instrument de guerre et de contrôle dans toute la Méditerranée. Les guerres sont la première cause des migrations modernes. Ceux qui pensent que les problèmes de Lampedusa peuvent être résolus par une analyse locale, ont perdu dès le départ. [&#8230;] Nous croyons que c&rsquo;est seulement en nous unissant et en abordant les migrations de ce point de vue que nous pouvons faire face aux défis qui nous attendent, car autrement il faudra partir ou [&#8230;] se faire virer dans quelques années, peut-être après avoir reçu un beau prix Nobel de la paix&#8230;</em> [&#8230;] <i>»</i></p>
<p>Ce n&rsquo;est pas un hasard si la thématique choisie pour le <em><a title="LampedusaInFestival" href="www.lampedusainfestival.com" target="_blank">LampedusaInFestival 2014</a>, </em>un festival de cinéma consacré aux migrations et organisé par <span style="text-decoration: underline;"><em>Askavusa</em></span> depuis 2009, est la militarisation, au sens d&rsquo;un instrument « <em><span class="a">de contrôle, de racisme, de colonialisme, </span></em><span class="a"><em>d&rsquo;esclavage, d&rsquo;impérialisme </em>», comme on peut le lire dans le préambule à l&rsquo;appel à candidature pour cette édition qui se tiendra sur l&rsquo;île, </span>du 25 au 30 septembre. Une vingtaine d&rsquo;œuvres en concours dont le film français <a title="Les Messagers" href="http://territoiresenmarge.fr/projets/maroc-espagne/les_messagers/index.php" target="_blank"><em>Les Messagers</em></a> de Hélène Crouzillat et Laëtitia Tura.</p>
<a title="Migrant'scène" href="http://www.festivalmigrantscene.org/" target="_blank"><img class="aligncenter wp-image-319 size-full" src="/wp-content/uploads/2014/09/migrantscene.png" alt="Migrant'scène 2014" width="530" height="327" /></a>
<p>En février 2014, le collectif <em>Askavusa</em> a également ouvert le <a title="Porto M" href="http://askavusa.wordpress.com/con-gli-oggetti/porto-m/" target="_blank">« <em>Porto M</em> »</a>, le seul lieu symbolique consacré aux migrants, si on exclut le « cimetière des bateaux de migrants », placés sous scellés judiciaires et abandonnés à côté du port depuis 2011. Dans une petite salle, les membres du collectif ont ressemblé des centaines d’objets, dont des cahiers, des dizaines de photos, des vêtements et même trois bateaux chavirés. Annalisa D’Ancona en parle avec respect : « <i>Nous pénétrions dans les bateaux pour récupérer ces objets, c’était une manière de s’opposer au refoulement, un parcours à la fois humain et politique</i> »<i>.</i></p>
<p><a title="Porto M" href="http://askavusa.wordpress.com/con-gli-oggetti/" target="_blank"> </a></p>
<div id="aesop-gallery-268-7"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/©CamilleMillerand_montage1200.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Le collectif Askavusa a collecté des centaines d’objets, dont des cahiers, des dizaines de photos, des vêtements, rassemblés aujourd'hui au sein du Porto M.</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/10©CamilleMillerand_IMG_0260.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Le "cimetière des bateaux", comme certains habitants de Lampedusa l'appellent.  En 2011, les autorités ont entassé et mis sous scellé les épaves des bateaux arrivés sur l'île. Depuis, ils n'ont plus bougé. </div>
           		           	</div>
           	</div>
			<div id="chapter-unique-202-34"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Un engagement complexe">
						<span>Un engagement complexe</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Malgré les fractures qui la divisent, la société civile lampedusaine a été capable de se réunir pour discuter de la situation de l&rsquo;île. Ce fut le cas notamment lors des rencontres de Lampedusa, qui ont eu lieu du 31 janvier au 2 février 2014, quelques mois seulement après le drame du 3 octobre. Tout le monde a participé, du collectif Askavusa jusqu&rsquo;à l&rsquo;association des entrepreneurs des Pélagiens, pour faire entendre son point de vue. Il en est résulté la « charte de Lampedusa », un document en deux parties, «<em> qui reflètent d&rsquo;une part, la tension entre nos désirs et nos convictions, et d’autre part la réalité du monde que nous habitons</em> ». Elle affirme l&rsquo;opposition des habitants de l&rsquo;île aux politiques migratoires et de militarisation des frontières qui ont fait de la Méditerranée un cimetière marin.</p>
<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-202-7').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-202-7" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-202-7"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">La « Charte de Lampedusa », en français</div></a><div id="aesop-doc-collapse-202-7" style="display:none;" class="aesop-content"><object class="aesop-pdf" data="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/charte-franccais1.pdf" type="application/pdf" ></object></div></aside>
<p>Si le collectif <em>Askavusa</em> n&rsquo;a pas souhaité signer la charte, Paola La Rosa n&rsquo;a pas hésité, sans engager toutefois le comité 3 octobre. Elle est en effet la seule membre à habiter l&rsquo;île. «<em> Nous avons collecté 28 000 signatures en ligne pour obtenir une journée de la mémoire et de l’accueil le 3 octobre de chaque année, en l&rsquo;honneur des victimes de la Méditerranée</em> ». Le comité souhaite également faciliter l’échange de bonnes pratiques citoyennes d’accueil. «<em> Cela se passe tellement mieux quand c’est la société civile qui s’en occupe</em> ».</p>
	    <div id="aesop-video-202-13"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-hidden   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-202-13 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/mRgeJPVg7ok?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 			</div>

		
		<div  class="aesop-component aesop-content-component   " style="" >

			
			<div id="aesop-content-component-202-5" class="aesop-content-comp-wrap aesop-content-comp-columns-3 " style="color:#ffffff;background-color:#333333;">

				
				<div class="aesop-component-content-data aesop-content-comp-inner " style="max-width:100%;margin-left:auto;margin-right:auto;">

					
						<h4><strong>Sanctuaire cévenol</strong></h4>
<p><strong>En France comme en Italie, quand une population décide d’en accueillir une autre, cela crée une attitude de confiance mutuelle. La preuve par cette leçon d’intégration menée « cœur en avant » entre les habitants de Lasalle et de Soudorgues et de jeunes Afghans.</strong></p>
<p>En ce samedi d’octobre, la brume enveloppe de son coton ouaté le hameau de Soudorgues. Le crachin qui charge l’atmosphère d’humidité n’est rien, comparé à l’épisode cévenol qui va s’abattre sur le village voisin de Lasalle, le lendemain matin. Une ambiance particulière qui a immédiatement séduit Najib Nasary. Afghan des hauts plateaux montagneux, le jeune homme, au léger sourire prolongé par un fin liseré de barbe, est d’abord arrivé à Nîmes avant d’élire domicile dans ce bout du Gard. C’était à l’automne 2009, suite au coup de karcher médiatique passé avec force par Éric Besson dans la jungle de Calais. Pourchassés et disséminés aux quatre coins de l’hexagone, Najib et ses compagnons d’infortune, qui fuyaient la guerre chez eux, se sont mis à fuir la police en France. <em>« Le conseil presbytéral de Nîmes a été le premier à les accueillir,</em> se souvient Michel Lafont, membre du conseil régional de l’Église protestante unie du Languedoc-Roussillon<em>, avant de lancer un appel aux autres entraides de la région. »</em></p>
<p><strong>Quinze familles de Justes à Lasalle</strong><br />
À la veille de Noël, l’Église protestante unie de Nîmes passe donc le relais à celle de Lasalle. Cette dernière décide de mettre les locaux du presbytère à disposition. Les militants s’activent, tiennent des stands sur le marché pour recueillir de quoi nourrir dix-huit de ces jeunes, arrivés dans ce haut lieu des luttes cévenoles. Trop nombreux pour tous vivre dans l’appartement de l’entraide, ses membres s’adressent à la mairie. <em>« Quand ils sont venus nous voir, </em>explique Éric Testa. <em>Je ne me souviens même pas si nous avons demandé une délibération auprès du conseil municipal pour leur ouvrir les gîtes communaux. Il y a quinze familles de Justes à Lasalle, alors la question de l’accueil ne se posait même pas, </em>affirme l’adjoint au maire, lui-même fils de maquisards d’origine juive.<em> Vous savez, dans l’Histoire, il y a des choses qui marquent. Je ne vois pas au nom de quoi il ne faudrait pas poursuivre ce combat. »</em> À quelques encablures de là, les portes aussi se sont ouvertes. Quand Vicki Gerbranda, un jour de réunion publique, a lancé cette idée de l’immersion des Afghans à Soudorgues. Élu à la mairie, Jean-Louis Fine, son compagnon, l’a suivie. De la protection première à un accueil durable, le couple expérimente l’intégration. À rebours des discours frileux et haineux ambiants. <em>« Pour cela, nous avons inscrit Najib au club de la boule soudorguaise »</em> avant qu’il ne trouve véritablement sa place à l’animation du four à pain communal. Et, alors qu’il reçoit une Obligation de quitter le territoire français, c’est toute une population qui se dresse vent debout et fait plier la préfecture à coup d’attestations et de manifestations. <em>« Cela a tenu au fait que Najib était très apprécié par tout le village »</em>, insiste Jean-Louis Fine. D’ailleurs, <em>« c’est lui qui nous a choisis »</em>, glisse doucement cet ancien ingénieur reconverti avec sa compagne dans l’activité de production de plantes médicinales. Depuis, Najib a obtenu sa carte « vie privée et familiale » le 17 décembre 2011 et est inscrit depuis septembre 2013 à la Chambre de commerce et de l’industrie d’Alès où il suit un CAP de restauration. <em>« S’il en a envie, il sait aussi qu’avec Vicki nous avons décidé de lui céder notre exploitation »</em>, sourit Jean-Louis, comme un père à son enfant.</p>
<p>Pierre-Yves Bulteau, journaliste<br />
<a title="Célia Bonnin, photographe" href="http://www.celiab-photography.com/" target="_blank">Célia Bonnin</a>, photographe<br />
Article paru dans <em><a title="Causes Communes, janvier 2014, n°79" href="http://www.lacimade.org/minisites/causescommunes/rubriques/183-Les-num-ros-pr-c-dents?page_id=4872" target="_blank">Causes communes</a></em>, janvier 2014, n°79</p>

					
				</div>

				
			</div>

			
				</div>
			
<div id="aesop-gallery-291-8"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-thumbnail-gallery-wrap   "><div id="aesop-thumb-gallery-291" class="fotorama" 	data-transition="crossfade"
																			data-width="400px"
																			data-autoplay=&quot;3000&quot;																			data-keyboard="true"
																			data-nav=false																			data-allow-full-screen="native"
																			data-click="true"><img src="/wp-content/uploads/2014/09/EPI.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/09/NajibetDavidpate.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/09/JeanLouisNajibDavid.jpg" data-caption="Jean-Louis, Najib et David. C&#039;est Jean-Louis et sa femme Vicki qui ont accueilli Najib à Soudorgues." alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/09/Najib.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/09/DavidetNajibFour.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/09/pains.jpg" data-caption="" alt=""><img src="/wp-content/uploads/2014/09/DavidetNajib.jpg" data-caption="Najib et David qui lui a transmis ses connaissances sur la fabrication du pain et l&#039;utilisation du four communal." alt=""></div></div>
<p>Certes, le collectif <em>Askavusa</em> et Paola La Rosa ne sont que deux des multiples points de vue qu’on entend aujourd’hui sur l’île, sans doute les plus engagés. Ils coexistent avec ceux qui sont heureux de passer le relais aux autorités, mais qui seront toujours prêts pour un élan de solidarité ponctuel, mais aussi avec ceux que le repli sur soi a désormais gagné. Lampedusa n’est, à cet égard, pas si différente d’autres villes, les personnes qui s’engagent non plus.</p>
<p>Andrea Paracchini &#8211; <em>Altermondes</em><br />
<a title="Camille Millerand" href="http://www.camille-millerand.com/" target="_blank">Camille Millerand</a> &#8211; Photographe</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/lampedusa-laccueil-et-lengagement-2eme-partie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Lampedusa : l’accueil et l’engagement [1ère partie]</title>
		<link>http://enprofondeur.altermondes.org/lampedusa-partie-1/</link>
		<comments>http://enprofondeur.altermondes.org/lampedusa-partie-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Sep 2014 19:30:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Andrea Paracchini]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[En Profondeur]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Lampedusa]]></category>
		<category><![CDATA[Mediterranée]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://enprofondeur.altermondes.org/?p=106</guid>
		<description><![CDATA[Le 3 octobre 2013, 368 migrants périssaient dans le naufrage de leur embarcation au large de Lampedusa. L&#8217;île italienne et ses quelque 6000 habitants sont depuis devenus le symbole de l&#8217;accueil et de la solidarité, de l’engagement auprès des migrants en difficultés qui tentent de gagner l&#8217;Europe. Altermondes est parti sur cette île emblématique, à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Le 3 octobre 2013, 368 migrants périssaient dans le naufrage de leur embarcation au large de Lampedusa. L&rsquo;île italienne et ses quelque 6000 habitants sont depuis devenus le symbole de l&rsquo;accueil et de la solidarité, de l’engagement auprès des migrants en difficultés qui tentent de gagner l&rsquo;Europe. <em>Altermondes</em> est parti sur cette île emblématique, à la rencontre d’une population qui s&rsquo;est mobilisée face à l’inacceptable, et vous livre un reportage loin de tout angélisme.</h4>
			<div id="chapter-unique-106-35"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Un samedi de la mi-juillet à Lampedusa">
						<span>Un samedi de la mi-juillet à Lampedusa</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>Un samedi de la mi-juillet. Le soleil se couche sur l’île de Lampedusa, au sud de l’Italie. À une extrémité du nouveau port, en bordure du seul et unique village de ce caillou perdu au milieu de la Méditerranée, un militaire préside l’accès au quai Favarolo. Plus tôt dans l’après-midi, un navire de la brigade de surveillance est revenu avec à son bord 48 migrants tunisiens. Des militaires en gants, masque et combinaison les ont fait descendre sur le quai et depuis, ils attendent le car &#8211; le seul en service sur l’île &#8211; qui les amènera au Centre de premiers secours et d’accueil (CSPA) de Lampedusa.</p>
		<div id="aesop-image-component-106-19"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-left aesop-image-component-caption-right" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2014/09/26©CamilleMillerand_IMG_0274.jpg" title="Le seul car de l'île est celui du Centre de premiers secours et d'accueil (CSPA) ">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2014/09/26©CamilleMillerand_IMG_0274.jpg" alt="Le seul car de l&#039;île est celui du Centre de premiers secours et d&#039;accueil (CSPA) ">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Le seul car de l'île est celui du Centre de premiers secours et d'accueil (CSPA) 								<p class="aesop-cap-cred">Camille Millerand</p>
							
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		

<p>À quelques pas de là, deux personnes s’attardent : Don Mimmo Zambito, le curé de l’île et Paola La Rosa, l’une des fondateurs du <a title="Comité 3 Octobre" href="http://www.comitatotreottobre.it/" target="_blank">Comité 3 octobre</a>, créé suite à la mort en mer de 368 migrants à l’automne 2013. Quant aux derniers touristes, qui reviennent de la plage, et aux rares habitants présents, ils passent, sans trop se soucier. « <i>On a pris l’habitude de voir débarquer des centaines de personnes. Les gens ne vont pas s’arrêter pour une cinquantaine de Tunisiens</i>, explique Paola La Rosa. <i>De toute façon, on ne sert à rien ici, on ne peut même pas accéder au quai</i>… »</p>
<div id="aesop-gallery-190-9"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/2©CamilleMillerand_IMG_4369.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Dans le port de Lampedusa, les navires de la brigade de surveillance et ceux des garde-côtes côtoyent les plaisanciers.</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/3©CamilleMillerand_IMG_4279.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Lampedusa, avant-poste de la "forteresse Europe".</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/37©CamilleMillerand_IMG_0384.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Le quai Favarolo, là où les migrants  sont débarqués. Rares sont les civils autorisés à  y pénétrer.</div>
           		           	</div>
           	</div>
<pre></pre>
<p>En effet, depuis le début de cette année, les habitants de l’île ne rentrent quasiment plus en contact avec les migrants. Suite au naufrage dramatique du 3 octobre 2013, le gouvernement italien a lancé l’opération <i>Mare Nostrum</i>. Désormais la marine italienne patrouille dans les eaux internationales et intercepte les embarcations, jusqu’à quelques dizaines de milles de la côte libyenne, pour conduire les migrants directement en Sicile. En six mois, 66 000 personnes ont été récupérées en mer. Parmi elles, seules quelques milliers sont passées par Lampedusa.</p>
<p>On est loin des images qui ont fait le tour du monde en 2011, lorsque cette île de 6 000 habitants a accueilli pendant trois mois quelque 10 000 personnes, en très grande partie tunisiennes, ayant fui le pays pendant le « printemps arabe ».</p>
			<div id="aesop-quote-component-106-9"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-center  aesop-quote-type-pull    " style="color:#ffffff;height:auto;width:100%;">

				
				<blockquote class="aesop-component-align-center" style="font-size:2em;">
					<span>Mare Nostrum. L&#039;opération a été lancée par le gouvernement italien suite au naufrage du 3 octobre 2013. En six mois, elle s&#039;est soldée par la récupération en mer de 115 420 migrants (chiffres de juillet 2014). Mare Nostrum va être prochainement remplacée par l&#039;opération Frontex plus, dont les détails ne sont pas encore connus.</span>

									</blockquote>

				
			</div>
		

			<div id="chapter-unique-106-36"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Tout le monde a une anecdote à raconter, des images d’accueil à montrer">
						<span>Tout le monde a une anecdote à raconter, des images d’accueil à montrer</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>À cette occasion, les portes des Lampedusains se sont ouvertes pour offrir à ces jeunes une douche ou un repas chaud. «<em> P</em><em>endant cinq semaines, j’ai gardé Fatima, une petite de quatre ans que j’allais chercher au centre chaque matin et que je ramenais le soir »</em>, se rappelle émue Antonella, employée de temps en temps dans le centre.</p>
	    <div id="aesop-video-106-14"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-center  controls-hidden   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-106-14 aesop-component-align-center youtube" style=max-width:100%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/IOu14PE6Eto?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 			</div>

		
<p>Pour nombre d’habitants, c’était la première fois, en 2011, que la question des flux migratoires faisait irruption dans leur vie avec une telle force. « <em>Certes,</em> <i>les premières arrivées remontent à 25 ans. Mais on était alors sur une toute autre échelle</i>, explique Nino Taranto, directeur des Archives de Lampedusa, devenu avec le temps expert de l’histoire des migrations sur l’île. <i>Ils débarquaient en petits groupes sur l’une des plages de l’île, on les voyait perdus dans le village, parfois ils nous demandaient où se trouvait la gare !</i> »</p>
		<div id="aesop-image-component-106-20"  class="aesop-component aesop-image-component " >

			
			<div class="aesop-content">
				<figure class="aesop-image-component-image aesop-component-align-left aesop-image-component-caption-left" style=max-width:100%;>
					
						<a class="aesop-lightbox" href="/wp-content/uploads/2014/09/24©CamilleMillerand_IMG_4513.jpg" title="Ma première rencontre avec les migrants à Lampedusa a été une nuit de l’hiver 2003. Ils ont débarqué sur la plage de Cala Pisana, en face de chez moi. J'ai eu peur sur le coup. Et j'en ai eu honte. Cette expérience personnelle, ce passage de la théorie à l’acte, m'a rappelé l'importance de rester ouverts aux autres.">
							<p class="aesop-img-enlarge"><i class="aesopicon aesopicon-search-plus"></i> Agrandir</p>
							<img src="/wp-content/uploads/2014/09/24©CamilleMillerand_IMG_4513.jpg" alt="24©CamilleMillerand_IMG_4513">
						</a>

					
						<figcaption class="aesop-image-component-caption">
							Ma première rencontre avec les migrants à Lampedusa a été une nuit de l’hiver 2003. Ils ont débarqué sur la plage de Cala Pisana, en face de chez moi. J'ai eu peur sur le coup. Et j'en ai eu honte. Cette expérience personnelle, ce passage de la théorie à l’acte, m'a rappelé l'importance de rester ouverts aux autres.								<p class="aesop-cap-cred">Paola La Rosa</p>
							
						</figcaption>

					
					
				</figure>
			</div>

			
		</div>
		
<p>Les habitants les nourrissaient et les orientaient vers le poste de gendarmerie qui s’occupait de les transférer sur le continent. Même quand des locaux ont été aménagés dans l’ancienne aérogare, la communauté restait en première ligne pour l’accueil.</p>
	    <div id="aesop-video-106-15"  class="aesop-component aesop-video-component aesop-component-align-left  controls-hidden   ">

	    	
	    	<div class="aesop-video-container aesop-video-container-106-15 aesop-component-align-left youtube" style=width:50%; >

				<iframe src="//www.youtube.com/embed/An8n-RXU4go?rel=0&wmode=transparent" height=&quot;&quot; width=&quot;&quot;  webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen wmode="transparent" frameborder="0"></iframe>		    </div>

	   	 	<div class="aesop-video-component-caption aesop-component-align-left" style=width:50%;>Les témoignages des habitants de l'île de Lampedusa rappellent ceux des habitants de Calais. La preuve dans ce film de 44 min retraçant dix ans d'engagement des bénévoles du Secours Catholique auprès des migrants de la « jungle » de Calais.</div>		</div>

		
			<div id="chapter-unique-106-37"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="La forteresse Europe arrive à Lampedusa">
						<span>La forteresse Europe arrive à Lampedusa</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>En 2004, la situation s’est un peu verrouillée, avec la construction du CSPA, dont la gestion a été confiée à un consortium de deux coopératives sociales siciliennes qui emploie, selon les besoins, une quarantaine de personnes de l’île.</p>
<p>« <i>Mais les migrants profitaient d’un trou dans le grillage pour sortir et se rendre dans le village,</i> se souvient, un sourire aux lèvres, Paola La Rosa. <i>C’était un secret de polichinelle !</i> » Jusqu’au 10 janvier dernier, il était donc courant de croiser Syriens, Érythréens ou Tunisiens dans les rues de Lampedusa. « <i>L’été dernier, sur l’écran télé dans notre vitrine, je faisais défiler des diaporamas et des vidéos sur l’Érythrée</i>, raconte Nino Taranto. <i>Nous avons même organisé des dîners à base de spécialités érythréennes.</i> »</p>
<div id="aesop-gallery-237-10"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/27©CamilleMillerand_IMG_0282.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Le Centre de Premier Secours et Accueil (CSPA) de Lampedusa.</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/TheMigrantFile.png');background-size:cover;background-position:center center">
           		           	</div>
           	</div>
<aside  class="aesop-component aesop-document-component aesop-content ">
			<script>
			jQuery(document).ready(function($){
				$('.aesop-doc-reveal-106-8').click(function(e){
					e.preventDefault;
					$( "#aesop-doc-collapse-106-8" ).slideToggle();
					return false;
				});
			});
		</script>
		<a href="#" class="aesop-doc-reveal-106-8"><span class="aesop-document-component--label">document</span><br /> <div class="aesop-document-component--caption">La face cachée des camps d’étranger.e.s en Europe. Rapport de la campagne Open Access Now</div></a><div id="aesop-doc-collapse-106-8" style="display:none;" class="aesop-content"><object class="aesop-pdf" data="http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/facecacheecampsetrangers-okweb1.pdf" type="application/pdf" ></object></div></aside>
			<div id="chapter-unique-106-38"  class="aesop-article-chapter-wrap default-cover  aesop-component no-chapter-image  " >

				
				<div class="aesop-article-chapter clearfix" style="height:auto;"  >

					<h2 class="aesop-cover-title" itemprop="title" data-title="Pas de consensus">
						<span>Pas de consensus</span>

											</h2>

					
				</div>

				
			</div>
		
<p>En ce mois de juillet 2014, en revanche, les migrants ont eu à peine le temps de poser le pied sur le quai. Ils seraient 350 dans le centre, mais personne ne les voit. « <i>C’est pour ne pas gâcher la saison touristique</i> », insinue à mi-mots plus d’un habitant. À l’été 2011, en effet, la fréquentation de l’île par les touristes avait été divisée par deux, avant que la courbe ne remonte. Jusqu’à cette année 2014. « <i>Finalement, ce ne sont pas les migrants qui nuisent à l’économie de l’île, mais les médias qui associent toujours Lampedusa à des drames !</i> », résume Angelo Mandracchia, vice-président de l’Association des entrepreneurs des Pélagiens.</p>
<div id="aesop-gallery-208-11"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-stacked-gallery-wrap   ">			<!-- Aesop Stacked Gallery -->
			<script>

				jQuery(document).ready(function($){

					var stackedResizer = function(){
						$('.aesop-stacked-img').css({'height':($(window).height())+'px'});
					}
					stackedResizer();

					$(window).resize(function(){
						stackedResizer();
					});
				});

			</script>
		           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/15©CamilleMillerand_IMG_0376.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Le job d'été de Luigi, c'est de prendre en photo les touristes pour leur revendre les clichés le soir, en centre-ville.</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/lampedusa.png');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">"Tragédie au sud de Lampedusa : naufrage d'un zodiac, 18 morts" </div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/18©CamilleMillerand_IMG_4573.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">La "Spiaggia dei Conigli", l'une des plus belles plages de la Méditerranée.</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/lampedusa2-e1410819967914.png');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">"Nouvelle tragédie à Lampedusa"</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/19©CamilleMillerand_IMG_4562.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Lampedusa : destination touristique paradisiaque.</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/lampedusa3-e1410819919175.png');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">"Enième naufrage à Lampedusa"</div>
           		           	</div>
           	           	<div class="aesop-stacked-img" style="background-image:url('http://enprofondeur.altermondes.org/wp-content/uploads/2014/09/25©CamilleMillerand_IMG_4470.jpg');background-size:cover;background-position:center center">
           		           			<div class="aesop-stacked-caption">Cala Pisana, c'est ici qu'en 2003 des migrants sont arrivés sur l'île.</div>
           		           	</div>
           	</div>
			<div id="aesop-quote-component-106-10"  class="aesop-component aesop-quote-component   aesop-component-align-left  aesop-quote-type-block    " style="background-color:#282828;color:#ffffff;height:auto;width:100%;">

									<!-- Aesop Core | Quote -->
					<script>
						jQuery(document).ready(function($){

							var moving 		= $('#aesop-quote-component-106-10 blockquote'),
								component   = $('#aesop-quote-component-106-10');

							// if parallax is on and we're not on mobile
							
								moving.waypoint({
									offset: '90%',
									handler: function(direction){
								   		$(this).toggleClass('aesop-quote-faded');

								   	}
								});

							
						});
					</script>

				
				<blockquote class="aesop-component-align-left" style="font-size:2em;">
					<span>Presque 70% des Italiens craignent que les phénomènes migratoires augmentent la criminalité</span>

					<cite class="aesop-quote-component-cite">Transatlantic Trend Survey</cite>				</blockquote>

				
			</div>
		
<p>« <i>Pour les gens sensibles à la question des migrations, l’image d’île accueillante a sans doute joué en notre faveur</i> », concède celui qui gère un camping. Son collègue hôtelier est beaucoup plus tranchant. « <i>On nous critique car nous remplissons l’Italie de clandestins,</i> affirme sans crainte Mauro Liberatore. <i>Vous savez ce que pensent les Italiens ? Bravo, t’es solidaire ! Mais tu ferais mieux de t’occuper de tes affaires !</i> »</p>
<p><iframe src="//www.youtube.com/embed/H-gGZNNgwF8" width="700" height="400" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Et pourtant, nombre d’habitants de l’île ont été profondément marqués par ce qui s’est passé la nuit du 3 octobre 2013 et les jours suivants.</p>
<p>Andrea Paracchini – Altermondes<br />
<a title="Camille Millerand" href="http://www.camille-millerand.com/" target="_blank">Camille Millerand</a> &#8211; Photographe</p>
<p>Fin de la première partie &#8211; <a title="La suite" href="/lampedusa-laccueil-et-lengagement-2eme-partie/">Lisez la suite de ce reportage</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://enprofondeur.altermondes.org/lampedusa-partie-1/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
